LA CRISE
taine mesure allonger ou réduire l’âge d'exploitation des coupes ; néanmoins la nécessité d'entretenir les taillis ou d’avoir du bois d'œuvre entraîne par elle-même une production fort régulière de bois de feu.
Dans un chapitre suivant, seront étudiées de façon précise les possibilités annuelles normales de la forêt française en bois de feu.
Il suffit de donner ici les chiffres globaux tels qu’ils résultent pour 1912 de la statistique établie par M. Daubrée, et pour 1929 de la statistique générale de l’Agriculture française (1) :
1913 (2) 1929 Quantités de bois de feu disponibles ... 16.791.555 m$ 18.400.000 m° Quantités de bois d’œuvre disponibles. 6.712.156 m® 7.000.000 m3
b) Utilisation. — Quelle était, en regard, l’utilisation de ces quantités disponibles ?
Il est facile de le savoir pour les forêts soumises au régime forestier, pour lesquelles l'Administration des Eaux et Forêts dispose de toutes données utiles. Les forêts soumises se subdivisent en forêts domaniales dans lesquelles tous les bois sont mis en vente, et en forêts communales dans lesquelles une part seulement des bois est mise en vente, certaines coupes étant réservées aux besoins de la population (affouage).
Il est beaucoup moins aisé d’avoir des renseignements pour les forêts qui ne sont pas soumises au régime forestier, c’està-dire une partie des forêts qui appartiennent aux collectivités locales ou à des établissements publics, et toutes les forêts privées (or ces forêts sont plus de deux fois plus étendues que les forêts soumises). Pour elles, il est presque impossible de connaitre dans quelle mesure les bois de feu annuellement disponibles sont utilisés sur place, vendus ou invendus.
(1) La statistique générale de l'Agriculture française paraît normalement tous les dix ans. Elle a paru en 1852, 1862, 1882, 1892 et 1912. Retardée par suite de la guerre, la dernière, relative à 1929, a paru récemment.
(2) Non compris l’Alsace-Lorraine.
Cependant, l'emploi des bois de feu a pu être établi approximativement, grâce aux renseignements donnés, soit par les propriétaires forestiers et les marchands de bois, soit par l'Administration des Eaux et Forêts.
En 1913, il semble que tous les bois de feu annuellement disponibles étaient vendus ou utilisés sur place. De même encore en 1928.
Alors survient très rapidement une crise de mévente, d’autant plus profonde que l’équilibre de 1928 n’était établi que grâce à des exportations exceptionnellement fortes.
En 1932 et 1933, la mévente atteint sans doute son âmpleur maximum. Les Pouvoirs publics et les Associations privées s’en préoccupent. C’est ainsi que dans son étude sur la crise du bois de feu; M. Dutilloy a cherché à évaluer la quantité d’invendus.
Se basant sur les renseignements des Agents des Eaux et Forêts, il admet :
10 Que tout le bois de feu disponible dans les taillis et taillis sous futaies privés de moins de 10 hectares a été consommé par le propriétaire, hypothèse qui paraît optimiste.
20 Que dans les autres forêts particulières, la proportion d'invendus est la même que pour les forêts soumises, soit 40 % pour les taillis sous futaies et 25 % pour les futaies.
Il semble, toutefois, que la proportion d’invendus soit plus forte dans les forêts non soumises que dans les autres.
M. Dutilloy arrive ainsi à établir pour l’ensemble de la France le tableau suivant
Rondin Charbonnette Houppier TorTaz Bois consommé sur PACE TRS m$ 1.880.000 3.760.000 » 5.640.000 BOISEVEUUE. RE 1.900.000 3.750.000 2.460.000 8.110.000 INUODSER = ee 1.260.000 2.530.000 780.000 4.570.000 ToTaz .... m$ 5.040.000 10.040.000 3.240.000 18.320.000
Il y aurait donc eu, en 1932, 4.570.000 m8 de bois de feu imvendu, soit environ le quart de la production annuelle. Si l'on veut évaluer cette quantité en stères, en considérant