LA CRISE
qu’il faut, en moyenne, 1 stère 3 pour faire 4 m3 de bois de feu, on obtient pour 1932 : 5.941.000 stères de bois de feu invendus.
Depuis, des chiffres plus élevés ont été donnés par l'Admimistration des Eaux et Forêts. Beaucoup ont parlé de 10 millions de stères, soit le tiers de la production française de bois de feu.
Il est bien difficile de juger quelle estimation est la plus proche de la vérité.
Du moins, est-il certain que vers 1932-1934, la quantité de bois de feu invendu représentait jusqu’au tiers ou au quart des quantités disponibles.
Il y a là un fait nouveau qui vient s’ajouter à un fait plus ancien et sans doute plus grave, qui est la chute des prix du bois de feu.
B. La chute des prix. — Si la consommation de bois de feu ne s’est effondrée qu'après la guerre, la chute des prix bien antérieure explique sans doute que la perte des débouchés n’ait pas été plus rapide.
Dès avant la guerre, les Congrès forestiers se plaignaient de ce que la vente du bois de feu fût souvent non rémunératrice. Or, vers 1932, époque où nous nous plaçons pour étudier la crise des bois de feu, ceux-ci sont loin d’avoir augmenté par rapport à l’avant-guerre dans la même proportion que le coût de la vie, ou même que l’ensemble des prix agricoles.
Il est difficile de donner des chiffres précis, car le prix du bois de feu varie beaucoup d’une région à l’autre, et d’une saison à l’autre. Il dépend également de l’état dans lequel il est vendu : sur pied ou par terre, sur coupe ou en gare.
Cependant, il suffira de citer quelques prix, pour saisir la mévente des bois de feu :
1913 1932 Charbonnette, le stère, sur pied ..... 1 Eire Aa 2 fr, — — sur coupe .... 6 à 10 fr. A0 a 15 1r Blé, le quintal (prix moyen) ........ 27 fr. 43 453 fr. 45
I ÉATICÉM ODA Le A rie RS lie 1 5
A de tels prix, il est certain que les exploitants forestiers vendaient à perte, les frais d’abattage, de sciage et de transport étant souvent plus élevés que le prix de vente.
S'ils vendaient cependant, c’est que le plus souvent le bois de feu n’est qu’un sous-produit nécessaire de l’exploitation des forêts, en vue de s’y procurer du bois d'œuvre. Dès lors, plutôt que d’avoir le souci d’en débarrasser la coupe en le brûlant ou en l’enlevant, l’exploitant préfère le vendre au-dessous de son prix de revient, mais en tirer au moins quelque argent.
Quant au charbon de bois, après une hausse importante, son prix a diminué de moitié de 1928 à 1933, malgré que son prix de revient ne soit guère compressible :
Prix charbon de bois en gros (le quintal) ... 10 fr. 91 50 fr. 25 ir.
Les quantités produites ont subi les mêmes variations. Après avoir dépassé 300.000 tonnes en 1928, la production est tombée à 150.000 en 1932.