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CAMIONS MILITAIRES

de transports. Les camions font alors environ 400 à 200 km. dans la journée. Ils quittent le garage le matin avec une provision suffisante pour que leurs conducteurs n’aient pas à se soucier du ravitaillement. Si le propriétaire du camion dispose lui-même de bois, parce qu’il exploite une scierie ou est marchand de bois, on peut dire que l’utilisation de camions à gazogène s’impose à lui.

Naturellement, c’est dans les régions boisées, où le bois et le

charbon sont faciles à trouver à des prix peu élevés, que cette première utilisation de véhicules à gazogène devrait le plus se développer.

20 Le second cas où leur emploi est indiqué est celui des transports interurbains de personnes et de marchandises. Il s’agit là d’autocars faisant toujours le même service, pour lesquels l’approvisionnement est facile à organiser, et fonctionnant sans autres arrêts que ceux nécessités par la montée et la descente des voyageurs, ou par le rechargement du gazogène.

C. Les camions militaires. — C’est pour des raisons différentes que l’équipement de gazogènes a été envisagé dès le début pour les camions militaires.

La raison d’économie n’est pas déterminante en la matière, bien qu’en fait elle soit à considérer, car on sait que les camions militaires n’ont pas la réputation de se signaler par la modicité de leur consommation en essence.

Puisque c’est la crainte d’une guerre et le souci de la défense nationale qui font le meilleur motif de l’intérêt porté au carburant forestier, il était naturel que l’utilisation des véhicules à gazogène pour les besoins de l’armée soit spécialement étudiée.

Cependant, a priori, il ne semble pas que l’usage auquel sont destinés ces camions soit le plus compatible avec les possibilités du gaz des forêts.

Sans doute, l’armée dispose-t-elle de tout le personnel nécessaire pour leur entretien. Encore est-il que cet entretien prélève des hommes sur le personnel combattant (1).

(1) 11 faut compter qu’un chauffeur et un aide-chauffeur sont nécessaire par camion.

Mais, surtout, les camions militaires ne sont destinés ni à une marche régulière, ni à des itinéraires identiques. Le départ imprévu et immédiat peut être ordonné à tout moment. Or, il faut quelques minutes pour que le gazogène soit en état de marche.

L'impossibilité de compter trouver partout des dépôts de carburants nécessite l’emport de réserves abondantes. Actuellement la densité du combustible rend nécessaire la création de colonnes de ravitaillement comprenant un nombre de camions égal au dixième des camions à gazogène. Il est vrai que cet inconvénient disparaîtra lorsque l’aggloméré sera au point. En attendant, le ravitaillement des camions du train nécessiterait l’édification dans la zone des armées d’énormes stocks de bois ou de charbon de bois, moins sujets, il est vrai, aux destructions par bombardement que les dépôts d’essence.

Par ailleurs, l’inertie de fonctionnement oblige à augmenter légèrement les distances entre les unités.

Il est à craindre, en outre, comme le fait remarquer le colonel Rouyer dans son étude sur les gazogènes portatifs, que les carburants forestiers, bois ou charbon, deviennent inutilisables. En effet, en temps de guerre, les unités ne trouvent pas toujours dans la zone du feu un abri suffisant contre les intempéries. Tandis que les bidons d’essence peuvent être impunément posés sur le sol, dans les mêmes conditions les carburants forestiers, même en sac et à plus forte raison en vrac, risquent d’absorber l'humidité et de devenir ainsi inutilisables.

Par contre, il semble que l’on ait exagéré certains inconvénients, en particulier quant au repérage des colonnes de gazogènes.

Sans doute, l’allumage des gazogènes nécessite l'emploi d’une flamme contre la visibilité de laquelle des précautions pourraient être nécessaires, en cas de départ nocturne.

Sans doute aussi, lors des rechargements et des arrêts, il peut ÿ avoir surtout pour les gazogènes à bois une petite émission de fumées et de vapeurs.

Mais en marche, rien ne signale spécialement à l’attention le camion à gazogène. Il ne produit aucune fumée; et seul le gazogène peut le distinguer du camion à essence.

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