XII INTRODUCTION
découlent la politique du caoutchouc et de l’essence synthétique en Allemagne, des carburants de remplacement en France et en Italie.
Mais, bientôt, cette politique d’autarchie est apparue à certains comme un état normal, susceptible de redonner au pays sa prospérité.
I1 faut reconnaître que l'Allemagne, en particulier, a su réaliser un redressement économique extraordinaire par ses propres moyens, sans que son réarmement suffise à l'expliquer entièrement.
De tels résultats doivent attirer l’attention des économistes et les amener à se demander, si, derrière les excès aisément critiquables, un nouveau système d'Economie Nationale n’est pas en train de se constituer, d’autant plus durable qu’il se fonde sur quelques vérités de bon sens trop oubliées :
Les bases de cette Economie nationale sont les ressources du sol et le travail de la nation.
Les ressources du sol, le progrès scientifique ne cesse de les accroître et de les diversifier. Il serait présomptueux de leur fixer une limite.
Surtout, le travail de la nation est la principale richesse. Il y a là une idée banale, point nouvelle et pourtant bien oubliée. Seul il légitime et rend possible la persistance des revenus du capital, l'établissement de retraites ouvrières et d'assurances sociales, le maintien du niveau de vie.
Il est certain que, si toute cette force de travail, disciplinée et coordonnée, est dirigée par une volonté ferme et utilisée par des techniciens habiles, les réalisations les plus formidables deviennent possibles.
Une telle conception de l’économie n’est pas forcément dictatoriale et tyrannique. Elle change moins les institutions économiques elles-mêmes que leur esprit. Elle ne supprime ni la nécessité d’une monnaie, ni le commerce extérieur, ni les vieux principes de saine gestion financière. Elle ne détruit ni la propriété privée, ni l'initiative ou le profit individuel. Elle ne prétend pas se soustraire aux lois du prix de revient.