‹ Le Carburant ForestierChapitre 7 sur 99 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

L'Organisation Professionnelle n’est pas non plus chose nouvelle. Il est inutile d’insister sur l'harmonie économique, sociale et humaine qu’a su faire régner pendant des siècles le régime des Corporations de Métiers qui, avec leurs membres, leurs patrimoines et leurs lois, jouissaient d’une véritable autonomie.

La Révolution a cru les détruire définitivement, et construire la société comme l’économie, sur l’individu libéré et solitaire.

Mais la communauté de métier se transforme trop naturellement en communauté d'intérêts pour que des groupements ne naissent spontanément.

Les lois répressives n’ont rien pu contre ce mouvement. Peu à peu l’organisation professionnelle a pris une force croissante en s’adaptant à des besoins nouveaux.

Tout d’abord, des groupements professionnels se sont constitués autour de la défense des intérêts. Les ouvriers ont imposé la reconnaissance légale des syndicats. Les patrons se sont groupés en comptoirs ou en ententes.

Mais, bientôt, le mouvement professionnel s’est orienté vers des buts plus larges de représentation et de direction.

Dès lors, le problème corporatif s’est placé sur le plan constitutionnel.

Dans certains pays, l’organisation professionnelle est désormais reconnue, légalisée, intégrée dans le cadre de l'Etat et la vie de la Nation. L’Italie est, sans doute, le pays où les efforts dans cette voie ont été poussés le plus loin. Le Grand Conseil fasciste dans une réunion récente a décidé de remplacer définitivement la Chambre des Députés italienne par une Chambre des Corporations.

En France, l'idéologie officielle répugne à de telles décisions, difficilement conciliables avec l'esprit des institutions.

L’organisation professionnelle n’a donc jusqu’à présent qu’une simple existence de fait. Le principe de la liberté et de la souveraineté des individus reste, semble-t-il, intangible.

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