‹ Le Carburant ForestierChapitre 87 sur 99 · kilomètres · texte numérisé non relu

kilomètres

3. Bilan économique. — L'économie brute ressort à 50 %, compte non tenu de l'amortissement du gazogène.

On a insisté sur ce rapport de M. Perdreau, car il montre bien l'extension, aussi rapide que récente, de l’utilisation du gaz des forêts par les transports en commun.

De nombreuses sociétés privées de transports publics de voyageurs équipent également une partie de leurs véhicules avec des gazogènes. Dans la Loire, la Société des Cars Rouges a acheté récemment un autobus Berliet à gazogène à bois qui est venu s'ajouter à plusieurs autobus à charbon de bois.

B. Transports par voie ferrée.— Dès 1929, la Compagnie P. L. M. présentait à Lyon lors du congrès du Carbone Végétal un tracteur à gazogène.

Depuis, c’est surtout pour l'équipement d’automotrices que des efforts ont été faits par les Grands Réseaux (aujourd’hui par la Société Nationale des Chemins de Fer Français), par les Compagnies d'Intérêt local et régional, et par des constructeurs tels que Panhard, de Dion, et de Dietrich.

Cependant il faut dire auparavant quelques mots des engins secondaires à gazogène.

a) Engins secondaires. — L'ancien Réseau de l'Est a équipé de gazogènes Geka plusieurs groupes électrogènes, une grue tracteur et des locotracteurs, utilisés en particulier au chantier de créosotage de Port d’Atelier.

La région de l’Ouest possède également au Magasin d’approvisionnement de Nanterre un locotracteur à charbon de bois.

b) Autorails. — D’après le rapport fait à Clermont-Ferrand au congrès du gaz des forêts par M. de Vernon, inspecteur divisionnaire à la Division d'Etudes d’Autorails de la Région de l'Ouest de la S. N. C. F., l'effectif des autorails à gazogène, en France, livrés ou en commande était en juillet 1938 le suivant sur un total de 680 autorails :

a) Lignes de la S. N. C. F. :

Région de l’Ouest : 1 autorail Somua et 3 autorails de Dietrich en circulation ; 5 de ces derniers sont en commande (1).

Région de l’Est : Autorail Charentaise.

Tous ces autorails fonctionnent au charbon de bois.

(1) Les autorails de Dietrich sont équipés d’un moteur à gazogène de 280 CV, ce qui constituerait un record mondial.

b) Lignes des Chemins de Fer départementaux :

Réseau de l'Ain (matériel destiné à la Corrèze par suite de la fermeture de la ligne) : autorail de Dion au bois.

Réseau des Landes : 8 autorails de Dion sont en cours de fabrication qui seront équipés de gazogène à bois.

D’expériences faites sur l’autorail Somua, qui pèse 30 tonnes et a une puissance de 210 chevaux, il résulte que la consommation aux 100 kilomètres a été respectivement de 90 kilogrammes pour le Géka ; de 112 kgr. pour le charbon de forêt, de 130 kgr. pour le charbon épuré, de 102 kgr. enfin pour la Carbonite Etat.

C. Transports fluviaux. — En dehors des deux péniches équipées par la Direction des Eaux et Forêts, une enquête dans les milieux de la navigation intérieure n’a pas permis d’avoir connaissance d’autres bateaux à gazogène.

Il ne semble pas d’ailleurs que l’on se soit, jusqu’à présent, véritablement soucié d’intéresser ces milieux au carburant forestier. Tout restera donc à entreprendre à ce sujet.

Cependant un fait récent a montré que le bateau à gazogène n’était pas une utopie.

Le 6 septembre 1938 a eu lieu une intéressante expérience à ce sujet à Blaye (Gironde). sur le bateau Le Georges, gabarre de 90 tonneaux, servant au transport des graviers. Ce bateau était muni d’un moteur de 35 CV alimenté par un gazogène à bois, étudié et réalisé par M. Mendez, artisan à Saint-Savin-de-Blaye. Au cours de sa randonnée en Gironde, Le Georges lutta facilement contre le courant et atteignit aisément une vitesse propre de 8 nœuds. La consommation horaire fut de 22 kilogrammes de bois de pin (soit 4 fr. 40) au lieu de 25 litres d’essence.

D. Tracteurs agricoles et gazogènes fixes. — En 1929 sur 27.792 tracteurs agricoles 1.156 étaient équipés avec des gazogènes, et il existait 3.441 moteurs à explosion fixes ou semi-fixes alimentés au gaz des forêts et utilisés pour les travaux agricoles. Parmi eux beaucoup utilisaient d’ailleurs le charbon minéral.

Ces dernières années ces chiffres ont dû augmenter, surtout en

Mazopier. Carburant. 45

ce qui concerne les tracteurs agricoles, mais il a été impossible d’avoir la moindre évaluation. |

Il ne semble pas, toutefois, que cette utilisation du carburant forestier se développe aussi vite qu’en ce qui concerne la traction routière. Les paysans sont en effet trop souvent rebutés par le prix élevé des appareils. Le petit gazogène, bon marché, facilement déplaçable, qui lui serait si utile, n’existe pas encore.

Page 1