MONSIEVR
« l'ai différé à vous escrire à cause de l'incertitude de mon parte- « ment qu'une nouuelle affaire qui m'a obligé de le suspendre, rend « douteux quand au jour. Attendant que ie m'y résolue i'ay désiré a vous faire scauoir que ie n'ay rien dit de ce que vous scaués à « l'homme de Paris : parceque toutes les circonstances m'ont obligé « a ce silence. le suis tellement disposé au dedans a vous rendre le a seruice que ie vous doibs que ie me porte à ce qui vous regarde auec ■ la mesme circonspedion que aux moindres choses on void paroistre • en vos actions. Si ie suy en tout le reste aussi soigncus de vous « imiter ie ne seray iamais coupable d'aucun manquement. Comme « je vous prie bien humblement, monsieur, de croire que ie n'ay point " de plus grand dessein que de vous faire paroistre que ie participe " autant de l'immobilité des Anges en la volonté que i'ay de vous « seruir que ie confesse auoir im esprit subordonné au vostre qui " m'oblige d'estre aussi bien par mes actions que par ma nature, « Monsieur,
" Votre très htinible et très obéissant serviteur,
« Du VEnciER DE Hacrrane, « De Poitiers, ce 19 may 1015.
Au dos :
« A Monsieur,
«1 Monsieur Cevesque de Luçon.
Remarquons, en outre, que dans sa lettre, M. de Rérullc laisse échapper une phrase qui semble l'expression d'une crainte. En parlant de Saint-Cyran, il dit: «Vous en auriez bien meilleur marché «pour le temporel, Dieu veuille que vous en ayez autant de fruict « pour le spirituel. »