CHAPITRE II
FONDATION DE l'UKIVERSITK DE HEIMS ; RÉFORMES DANS LA DISCIPLINE ECCLÉSIASTIQUE.
Le règne de Henri II ne fut pas seulement en politique la continuation de celui de son prédécesseur. Le mouvement littéraire, qui avait pris un développement si remarquable sous François Jei" , fut également encouragé par son liis , et Charles de Lorraine eut , avec le roi, la gloire de protéger tous les talents. Il fut , en France , le type de ces prélats de la renaissance , hommes en général d'un catholicisme^ large et éclairé , de mœurs élégantes et faciles, d'un esprit cultivé et poli. Il se montra un des promoteurs les plus actifs et les plus infatigables de cet esprit nouveau que la renaissance avait enfanté , et que la réforme devait développer st largement. Plus que personne, il s'efllbrça de faire péné-
trer dans l'église de France cet esprit qui devait la régénérer, et lui communiquer, dans le siècle suivant, tant de grandeur et d'éclat. Loin de s'effrayer, comme beaucoup d'autres, des progrès de la raison et du mouvement des idées , il entreprit courageusement de mettre le catholicisme en harmonie avec sa situation nouvelle , et de l'élever a la hauteur de la lutte dans laquelle il se trouvait engagé. Il ne pensait pas, comme le connétable de Montmorency, que les lettres étaient dangereuses et qu'elles avaient engendré l'hérésie (0. Il estimait, au contraire, qu'elles charment l'esprit de l'homme en même temps qu'elles l'élèvent -, et, loin de les proscrire comme un danger pour la foi , il croyait qu'elles peuvent servir efficacement la foi elle-même. Telle était la pensée qui animait Charles de Lorraine dans la fondation d'une université a Reims.
Pendant son séjour a Rome , il n'oublia pas son noble projet : il sollicita et obtint du pape Paul III une bulle pour l'établissement de cette université , qui, dans la pensée de son fondateur, devait répondre à un double besoin. En même temps qu'elle dispensait la jeunesse de Champagne d'aller chercher au loin une coûteuse instruction , elle se rattachait à un vaste ensemble de mesures destinées a arrêter le progrès de l'hérésie. Charles de Lorraine voulait opposer
(1) V. Régnier de la Plaîjche , Histoire de France sous Frajifo»5 77. In -fol., Paris, 1836, p. 170.
une barrière au calvinisme , dans les provinces de Lorraine et de Champagne , en plaçant en regard de l'Allemagne protestante un grand foyer de doctrine catholique (0,
Déjà , en effet, la réforme s'était établie sur quelques points de la province ecclésiastique de Reims ; et la , comme ailleurs, elle avait donné lieu aux plus déplorables désordres. A Noyon , quelques fanatiques , échauffés par les pamphlets de leur compatriote Calvin , et entraînés par l'exemple du lieutenant de la ville , s'étaient livrés , dans la nuit du 20 Août (1547), à d'indignes outrages envers les symboles les plus vénérés du culte catholique. Ils avaient arraché un crucifix du petit cimetière de Saint-Martin , l'avaient foulé aux pieds et traîné ignominieusement dans la boue (2). Depuis , ces excès s'étaient renouvelés ; et cette fois la fureur des hérétiques avait éclaté contre les images des saints , et contre celles de la Vierge. Le chapitre s'opposait sans succès au fanatisme destructeur de la populace : les prières publiques , les jeûnes paraissaient impuissants (s). Le calvinisme , se répandant de proche en proche , avait pénétré jusque dans la métropole 5 et , là aussi , c'était dans les réunions secrètes que s'exerçait le prosélytisme des réformés. Ils tenaient ces réunions dans les crayères situées derrière
(1) Dom Marlot, l.xii , ch. \ix , p. 313.
(2) Idem . p. 310-312.
(3) Idem, ibidem.
Saint-Nicaise et dans les villages voisiDs(i), L'arche*vêque de Reims devait naturellement s'alarmer des progrès de l'hérésie dans son diocèse. Et, comme il savait très-bien qu'il fallait , pour l'étouffer, d'autres remèdes que les bûchers de l'Inquisition , il les demandait au perfectionnement des études et a la réforme de la discipline ecclésiastique -, il fondait à Reims un grand centre d'instruction publique.
Dès le xf siècle (2), saint Rernard , inspiré par une semblable pensée, avait demandé au pape Eugène III pour cette ville alors si importante une institution de ce genre. Mais cette pensée n'avait pu se réaliser 5 et, malgré les etforts constants des archevêques de Reims pour donner quelque éclat à l'enseignement autour d'eux, la religion avait toujours été plus florissante à Reims que les études. Suivant la judicieuse remarque de dom Marlot, les hommes distingués préféraient, en général , l'existence facile des cloîtres , les douceurs de la solitude et le calme de la vie religieuse , aux travaux de la science et aux labeurs de l'enseignement (3).
La corporation des Bons-Enfants était (^) , à cette époque , l'établissement le plus important de la ville de Reims. Mais la science qu'on y puisait ne s'étendait pas
(1) Histoire de Reims par Anquetil, 1. iv, p. 127.
(2) Dom Marlot, 1. xii, ch. xix, p. 313.
(3) Idem, ibidem.
(4) Etablie vers 1245 par l'archevêque Yvel.
loin : el depuis longtemps , dit Anquelil (') , ceux qui voulaient pénétrer dans les dillicultés de la théologie et de la jurisprudence , étaient obligés d'aller chercher, à grands frais, des maîtres plus habiles dans l'université de Paris. Cette subordination intellectuelle cessa par la fondation de Charles de Lorraine.
Arrêtons-nous un instant sur cette importante création.
« Le Saint -Père, dit dom Marlot , en sa mémorable bulle , rapporte que luy ayant esté exposé par le roy très-chrestien Henry II , son très-cher fils, et par Charles , cardinal de Guise , du tiltre de Sainte-Cécile , que Reims , où les rois de France reçoivent en leur sacre la divine onction envoyée du ciel,.... estoit située en une campagne saine et agréable , remplie de spacieux édiflces , très-noble en son antiquité , et recommandable par la bonté de son air, la fertilité du terroir et la multitude du clergé et du peuple ; estant d'ailleurs assortie de toutes choses nécessaires à la vie politique , d'un grand nombre de célèbres églises et de monastères riches el magnifiques pour l'un et l'autre sexe , mais surtout d'un très-ample et célèbre collège. Tant le roy Henry que Charles , cardinal , sçachant combien il importe a la république chrestienne et a la foy orthodoxe que l'Eglise militante soit remplie d'hommes sçavants et dont le travail puisse discerner l'équitable d'avec le faux , et répandre partout la lumière de la vérité par la
(l) Histnire doRpunx . 1. iv, p. \1%.
dissipation de ceux qui taschent de l'obscurcir: désf reux d'accroistre la gloire de Dieu et de pourvoir à l'utilité des peuples, tant de la ville de Reims que du royaume de France , duché de Lorraine , pais de Trêves et autres lieux circonvoisins , par l'érection d'une fameuse université , l'avoient très-humblement supplié de vouloir accorder l'establissement des estudes générales , oîi le latin et le grec , l'hébreu et le chaldaïque , la philosophie naturelle et morale , la théologie , le droit canon et civil , la physique , la médecine et les arts libéraux pussent estre enseignés en chaque faculté, en la mesme manière qu'a Paris , etc. , etc. (0 »
Ainsi , l'université de Reims était modelée sur l'université de Paris, l'école la plus célèbre du monde chrétien. L'Eglise, qui fondait cette institution, voulait la diriger exclusivement ^ et la bulle pontificale conférait a l'archevêque de Reims, son chef, les pouvoirs les plus étendus. Outre la faculté de nommer le recteur , les professeurs , le cardinal de Guise et ses successeurs pouvaient faire tous les statuts qu'ils jugeraient convenables , les réformer , les corriger , les changer ; ils étaient les conservateurs nés de tous les privilèges accordés a l'université (2). De plus , ils avaient la juridiction pleine et entière, tant au civil qu'au criminel, sur tous les fonctionnaires et élèves de l'établissement.
(1) Dora Marlot, t. IV, I. xii , ch. xix, p. 313.
(2) Voyez dans Mari.ot la bulle du pape Paul III, t. iv, 1, xii , p. 679 et suiv.
Henri II accorda , au mois de Mai de la même année (1S48), les lettres patentes qui confirmaient la bulle du pape, et qui accordaient a l'université de Reims tous les privilèges de l'université de Paris. Mais la vérification par le parlement s'en fit attendre pendant deux années. Les pouvoirs si étendus dont l'archevêque était investi, lui parurent porter atteinte aux droits du roi. Défenseur vigilant des prérogatives de la royauté; toujours fidèle h ses habitudes d'opposition à l'influence ecclésiastique, le parlement refusa d'abord l'enregistrement de la bulle ; et il ne céda qu'après avoir reçu des lettres de jussion, et moyennant certaines modifications qui limitaient l'autorité archiépiscopale, et assuraient en même temps des garanties à l'université (0.
Voici quelques-unes de ces modifications : 1° Le bailli de Yermandois , dans le ressort duquel Reims était placé, aurait la connaissance des causes qui appartenaient aux juges laïques , et dans les actes publics , il prendrait le titre de conservateur des privilèges royaux àe l'université.
2° L'archevêque de Reims choisirait une autre personne que son officiai pour la conservation des privilèges apostoliques , afin que ces deux charges ne fussent pas confondues.
3° En matière criminelle , les ecclésiastiques seraient
(l) Du Thoc , Uisfoire tiniversclle , t.i, 1. vi , p. 400, — Dora Mahlot, 1. XII, ch. XIX , p. 317.
tenus de répondre devant roÛicial, et les laïques devant le bailli de Vermandois ; pourvu quil ne fût question ni des crimes privilégiés , ni des cas royaux 5 parce qu'alors les ecclésiastiques mêmes seraient soumis à la juridiction du roi. Le bailli de Vermandois, comme juge royal et non comme conservateur des privilèges de l'université , connaîtrait seul de ces crimes.
4" Quand il s'agirait d'élire un recteur , les docteurs et régents de l'université présenteraient trois candidats à l'archevêque, qui choisirait celui qu'il voudrait , d'après les statuts qui seraient dressés sur cet article.
5" Les statuts déjà laits, ou qui seraient faits a l'avenir par l'archevêque de Reims pour l'établissement de la discipline dans l'université , seraient soumis au parlement, pour être par lui examinés , corrigés , réformés, s'il en était besoin.
6" Les licences ne s'accorderaient par l'archevêque ou son grand- vicaire, qu'après que ceux qui devaient recevoir le degré , auraient été examinés par les docteurs et supérieurs des facultés , et auraient obtenu d'eux un certificat de capacité. Ensuite , l'archevêque ou sou vicaire leur donnerait la bénédiction , pour marque de leur licence , comme il se pratique par le chancelier de l'université de Paris et par l'écolâtre de celle d'Orléans (0.
L'université nouvelle fut dotée aux dépens de l'église
(t) Df. Tiiou , Histoire uniierscUe , l. i , 1. vi , p. 401. — Dom
MaIU.OT, t. IV, 1. Ml , p. 31 7, 31S.
et de l'archevêché de Reims. On aflecta quinze prébendes et plusieurs bénélices simples à l'entretien des professeurs et des élèves sans fortune. Les abbés , les prieurs des monastères , et ceux même de l'ordre des Mendiants du diocèse , ayant sous eux vingt ou trente religieux , furent astreints a en envoyer deux à Reims, pour étudier les belles-lettres et la théologie (0. On voulait par la ramener la vie dans les couvents , dont la plupart languissaient dans l'ignorance et dans l'oisiveté. En même temps que le cardinal fondait 'a Reims une université , il réorganisait le collège des Bons-Enfants (2), agrandissait ses bâtiments et y concentrait tous les établissements d'instruction publique dispersés dans la ville , le collège des Ecrevés et les écoles du chapitre. Il y annexait en outre certains bénéfices pour l'entretien d'un grand maître , deux professeurs en théologie , un principal . six régents en grammaire , trois en philosophie et un certain nombre de boursiers (^). Grâce à tous ces encouragements, et à la puissante intluence de Charles de Lorraine , Reims, qui n'est plus guère aujourd'hui qu'un grand centre de commerce et d'industrie , devint une ville scientifique et littéraire , « et jamais elle ne fut plus peuplée de citoyens, plus riche en beaux, somptueux et superbes bastiments, plus
(1) Dom Mari.ot, loc. stip.cit.
(2) Aujourd'hui le collège royal.
(3) Doiu MAni.oT, l. IV, 1. xn , p. 320 , 32 J.
florissante es estudes des lettres et plus abondante en nombre de gens de sçavoir (i), »
A la même époque , le jeune prélat réorganisait la discipline ecclésiastique dans son diocèse, reconstituait le chapitre , y introduisait des docteurs en théologie , et même des docteurs en droit et en médecine. Il remettait en honneur la prédication, alors abandonnée aux ordres mendiants ; il assemblait en synode les doyens et curés, et publiait, pour la réforme des abus . un certain nombre de statuts qui devaient être rigoureusement observés (2),
La cléricature attira d'abord son attention 5 car le désordre, en cette matière, était grand. Les privilèges et les immunités attachés à l'état de clerc, le faisaient rechercher par une foule de sujets sans aptitude , sans vocation , et qui n'avaient aucun dessein d'embrasser la prêtrise. Cet abus s'était particulièrement répandu dans les campagnes , où beaucoup prenaient la tonsure pour se soustraire aux redevances seigneuriales , et pour se placer sous la juridiction des tribunaux ecclésiastiques. Pour arrêter cet envahissement du sanctuaire par une foule de sujets indignes de leur profession , le jeune archevêque ordonna que tous les aspirants à la tonsure fussent examinés par l'écolâtre de l'église de Reims , c'est-a-dire par le directeur de l'école épiscopale. Tous ceux qui ne seraient pas suffisamment in-
(1) La conjonct. des lettres ef armes , etc., fol. 2t. 17) Idem, (ol 19.
slruils , ou qui ne sauraieut pas lire , écrire et chanter, devaient être exclus. Ceux qui ne suivraient pas exactement les oflices divins , qui n'aideraient pas les curés dans l'administration des sacrements , devaient être dé^ pouillés de leurs immunités et de leurs privilèges. Il était prescrit aux doyens et curés de surveiller sévèrement la conduite , d'apprécier la capacité des clercs, et de faire tous les ans leur rapport au synode général , afin que tous ceux qui remplissaient mal leurs devoirs fussent punis (0.
Un autre abus plus grave et plus funeste encore était la non-résidence des cures , résultat nécessaire de la réunion de plusieurs bénéfices dans les mêmes mains. Beaucoup d'entre eux étaient entrés dans les fonctions ecclésiastiques, sans instruction , sans épreuve , et seulement pour jouir des revenus des cures auxquelles ils étaient attachés. Du reste , ils s'inquiétaient assez peu de l'âme de leurs paroissiens.
Il fallait remédier à un pareil état de choses. L'archevêque de Reims soumit a certaines conditions de capacité et d'instruction ceux qui voulaient entrer dans les ordres sacrés , et obligea les curés a la résidence, à moins qu'ils ne fussent empêchés par des motifs légitimes. Ceux qui se trouvaient dans ce cas devaient
(1) V. DoraMARLOT, t. IV, 1. XI r. p. 678 elsmv.— Les Actes delà province ecclésiastique de Reims, publiés par Me"" Gousset, t. m, p. 346 et suiv. — La conjonction des lettres et armes, etc., fol. il), 20, 21.
3G être remplacés par des vicaires instruits et entretenus à leurs frais (i). En lo49 il alla plus loin, et toutes les concessions de non-résidence furent révoquées. Tous les curés qui possédaient plusieurs bénéfices a charge d'âmes , durent se contenter d'un seul : et ceux qui ne voulurent pas résider furent remplacés. D'autres statuts défendaient expressément aux curés de s'absenter pour aller prêcher dans d'autres paroisses , ou de recevoir dans les leurs des prédicateurs étrangers, sans la permission de l'archevêque (2). En même temps, il appelait leur attention sur les pèlerinages . sur les danses nocturnes , et interdisait la fréquentation du cabaret pendant les offices, etc., etc. (3) Toutes ces mesures prouvent suffisamment que le cardinal de Guise sentait vivement la nécessité d'une réforme dans l'Eglise. Et on peut voir . dès cette époque , que le soin qu'il apportait à relever par la science, et par la pratique d'une bonne discipline, l'ascendant moral du clergé , ne se bornait pas à sou diocèse. Quelques-uns de ses statuts s'appliquèrent à la France entière : et . en lool . Henri II . à son instigation . rendit une ordonnance par laquelle il était défendu de nommer aux cures des villes murées ou entourées de fossés , aucun sujet dont la capacité n'eût été attestée par un grade obtenu dans quelque université. On donna
(1) V. les Actes de la province ecclésiastique de Reiuis, t. ii) , p. 349 el suiv.
(?.) Idem , ibidem.
13) Idem, ihidein ;'Co)ijo)ici.. Î.IO.
même a cette mesure un ell'et rétroactif; et tous ceux qui avaient été nommés soit par le pape , soit par l'évêque, contrairement a l'ordonnance du roi, furent dépossédés comme abusivement pourvus ('). Un peu plus tard , une autre ordonnance renvoya dans leurs diocèses tous les évêques qui se trouvaient a Paris.
Ces règlements de discipline , dont nous venons de parler, peuvent paraître au premier coup d'œil assez insignifiants; mais, il faut tenir compte, surtout, de la pensée qui les a inspirés ; car, c'est cette même pensée qui procurera a l'Eglise les importantes réformes du concile de Trente.
Toutes ces préoccupations n'empêchaient pas le cardinal de porter son attention sur d'autres points. Vers la même époque , il introduisit une réforme importante dans l'administration de la justice en France. Les appels des jugements rendus par l'archevêque de Reims étaient portés , en dernière instance , au bailliage de Laon ; ce qui , par l'éloignement du chef-lieu . rendait les procès longs et dispendieux. Charles de Lorraine détruisit ce grave inconvénient, en établissant a Reims un siège présidial, au risque de diminuer sa propre autorité et celle de ses successeurs , au profit de celle du roi (2). Les avantages qui résultaient de cet établissement , la nécessité de proportionner le nombre des tribunaux aux
(1) De Tiiou, t. 11 , 1. vjii , p. 139.
(2) Idem.
affaires qui se multipliaient, et peut-être le besoin d'argent, déterminèrent le roi a établir soixante autres sièges présidiaux dans les différentes villes du royaume. Chaque présidial était composé d'un lieutenant civil , d'un lieutenant criminel et de sept conseillers au moins. Ils jugeaient définitivement, et sans appel, toutes les af-^ faires civiles qui n'excédaient pas la somme de 2o0 livres de rente , et provisoirement celles qui ne dépassaient pas 500 livres (0. La création de ces cours nouvelles complétait cette grande organisation judiciaire de la France commencée sous saint Louis. Elle limitait les justices particulières, agrandissait l'autorité royale , et offrait aux justiciables le précieux avantage de rapprocher la justice de ceux qui avaient besoin de recourir a sa protection. C'était, d'ailleurs, un moyen de se procurer de l'argent par la vente de six cents offices de juges; car, malheureusement , les charges, devenues vénales, servaient alors a alimenter le trésor autant qu'à satisfaire aux besoins publics (4 Mars 43ol).
(1) DeThOC , 1. Mil, p. 138.