CHAPITRE V
LA RÉFORME EN FRAKCB SOCS HKNRI M.
« Soudain que la paix fut faite, Monsieur le cardinal de de Lorraine, qui en avoitesté l'un des principaux entremetteurs, déclara en plein parlement que l'opinion duroy avoit esté de la faire, a quelque prix et condition que ce fusl, pour de la en avant vaquer plus a son aise à l'extermination et bannissement de Thérésie de Calvin (0. »
On regarde généralement le cardinal comme l'instigateur de toutes les mesures qui furent prises alors contre les calvinistes, et les uns lui en font un titre de gloire, les autres un sujet d'accusation. Le vrai est qu'il ne montra guère plus d'acharnement contre les hérétiques, sous le règne de Henri II , que le connétable de Montmorency
(1) Et. Pasquier , 1. IV, p. 78 , in-fol.
et que le roi lui-même. Henri II . nous l'avons déjà dît , se persuadait que , partout où les nouvelles doctrines étaient prêchées , l'autorité royale devenait incertaine. Suivant Tavannes , « il haïssoit les calvinistes plus pour son estât que pour la religion, en crainte que les estrangers ne s'aidassent de ses sujets contre lui, ainsi que s'estoient aidés les premiers luthériens d'Allemagne contre l'empereur (0. » Ces idées lui avaient été transmises par François I" , et les événements de son règne ne tirent que les fortifier. Dès le commencement , il adopta donc la politique de son prédécesseur , et il rendit contre les calvinistes de sévères édits. 11 n'était guère possible , d'ailleurs, d'agir autrement; et quand même ce monarque naturellement fort débonnaire aurait incliné à la clémence ; l'opinion publique, qui se prononçait presque partout contre les novateurs , l'aurait bientôt ramené aux moyens rigoureux. Paris, surtout, se montrait ouvertement hostile a la réforme 5 et l'on sait quelle a été dans tous les temps l'influence de la capitale sur le gouvernement. Un Dieu , un roi , ime foi, une loi (2), tel fut le vœu qu'exprima la population parisienne par l'organe de son prévôt des marchands , à l'entrée du roi dans la capitale, après son sacre. On sait si Paris resta fidèle à cette devise. Le cardinal de Lorraine se rattacha énergiquement à ce grand principe de l'unité nationale ; et c'est
^1) Mémoires , t. xmv, p. 221. Colleclion Pctitot , 1" série. {7) Histoire de Paris , p. K32.
la ce (jui concilia de si bonne heure a sa maison les sympathies et le dévouementdn peuple de Paris.
Le gouvernement de Henri H se montra d'autant plus sévère à l'égard des protestants de son royaume , qu'il était obligé de rechercher leur appui au dehors. En s'alliant avec les luthériens d'Allemagne , en faisant la guerre au pape (0 , il se voyait forcé, pour s'absoudre aux yeux des catholiques et pour ne pas encourager leurs adversaires , de multiplier les supplices contre ces derniers. De là l'éditde Châteauhriant , qui enjoignait aux tribunaux de juger et de condamnera mort , sans appel tous ceux qui seraient convaincus d'hérésie.
Qu'on se représente actuellement la France engagée dans une lutte européenne , et s'appuyant sur le principe révolutionnaire contre ses ennemis extérieurs , quelle énergie ne faudrait-il pas pour empêcher l'explosion de ce même principe au-dedans ? Telle était à peu près la situation du gouvernement sous Henri H.
Cette politique contradictoire , et pourtant nécessaire, pour maintenir tout a la fois l'indépendance et l'unité du pays , n'avait pas produit tout l'effet qu'on en attendait ; il fallut un peu plus tard recourir à des mesures encore plus sévères. L'avènement d'un nouveau pape, homme rigide , ardent promoteur de l'Inquisition , vint encore stimuler le zèle des défenseurs de l'ancienne foi , et on
fl) « Ce fut, dit Mathieu, pour montrer au monde qu'il ne s'agissait que d'une affaire temporelle , qu'il rendit le sévère édit de Châteauhriant. » {Hisf. de France , 1. ii , p. 72.)
résolut de procéder contre les hérétiques avec plus de promptitude et d'énergie.
La connaissance du crime d'hérésie avait été confiée tantôt aux parlements , tantôt aux ofïicialilés , c'està-dire aux tribunaux ecclésiastiques. Ces deux juridictions , jalouses l'une de l'autre . s'étaient presque toujours embarrassées dans leurs opérations. Le roi, par l'édit de Châteaubriant , les avait appelées toutes deux concurremment a la poursuite de l'hérésie ; mais cet édit était mal observé, et les présidiaux ne faisaient presque aucun usage du pouvoir qui leur avait été attribué de juger les hérétiques en dernier ressort. Les évêques se plaignaient de cette négligence, et s'élevaient surtout contre la faculté accordée aux magistrats séculiers , de prononcer sur les cas d'hérésie et de juger les coupables. Le cardinal de Lorraine entreprit, en iooo, de remédier 'a cet inconvénient : il modifia l'édit de Châteaubriantpar un article essentiel, qui rendait aux tribunaux ecclésiastiques le droit de prononcer des jugements sans appel , et ne laissait aux tribunaux séculiers que le pouvoir d'appliquer la loi , et de mettre la première sentence a exécution. Il se rendit lui-même au parlement , et requit l'enregistremeut du nouvel édit 5 mais la cour demanda du temps pour délibérer; et, pendant que le cardinal était à Rome , elle adressa au roi des remontrances qui déterminèrent le gouvernement à abandonner, ou. du moins, à ajourner l'exécution de ce projet (0,
(1) De Thou, 1. XVI, p. 041.
Ces menaces du pouvoir ranimèrent les inquiétudes, et accrurent l'audace des protestants. Jusque la ils n'avaient pas de centre commun, pas d'église organisée, et ils étaient réduits a se renfermer dans l'intérieur de leurs maisons , pour s'y livrer aux pratiques du nouveau culte. Au mois de Septembre de l'année 1555, quelquesuns d'entre eux se réunirent dans Paris , sous la direction du jeune Perrière Maligny, et formèrent la première église réformée de France. Bientôt il s'en éleva d'autres sur le modèle de celle de Paris , a Meanx , a Angers , a Poitiers , a Agen , à Bourges , à Tours , etc. Ces églises , quoique parfaitement indépendantes les unes des autres , enveloppées des mêmes ennemis , dirigées par le même intérêt , établirent entre elles des relations régulières, intimes, et formèrent bientôt une petite société au sein de la grande société catholique. Mais, de quelque mystère que s'entourassent les réformés, ils n'échappèrent pas à la vigilance du cardinal de Lorraine. A son instigation , le roi Henri II sollicita et obtint du pape un bref qui l'autorisait à établir en France l'Inquisition, non pas, comme on l'a dit, avec les formes redoutables qu'elle avait en Espagne et en Italie , mais avec des modifications tendant k à diminuer les troubles , divisions et autres inconvénients qu'elle pouvoit amener avec soy(i), » La bulle fut dressée a Bome , le
(2) RiBiUB, t. II , p. 677. Lettre du roy à M. de Selve, ambassadeur à Rome.
26 Avril 155o, et envoyée par Sa Sainteté au cardinal de Lorraine, « avec faculté de subdéléguer et substituer , luy semblant qu'elle ne sauroit mieux s'adresser, tant par la grandeur de dignité et autorité qui est en luy, que pour son rare savoir et grandes vertus , et pour la prééminence qu'il a d'estre archevesque de Reims et premier pair de France (0. »
Toutes les dispositions de cette formidable justice sont expliquées dans l'acte du souverain pontife (2); mais jamais elles ne furent exécutées en France. On continua à reconnaître, à Paris et dans les provinces, des inquisiteurs, simples ecclésiastiques du deuxième ordre , exerçant leur pouvoir suivant les anciens canons , et non d'après les statuts de Paul IV. Il n'est donc pas vrai , comme le dit Th. de Bèze (3), que l'édit du roi fut dressé suivant les dispositions de cette bulle. Le roi renouvela seulement en partie l'édit présenté au parlement en loo5, qui rendait aux juges ecclésiastiques la connaissance du crime d'hérésie , sans préjudice , toutefois , de la justice royale , qui aurait toujours droit de juger et de punir les désordres et attentats publics. Dans ce cas même , l'édit voulait que les magistrats du parlement ou des sièges
(1) RiBiER, t. II , p. 634. Nous soupçonnons fort le cardinal de Lorraine de n'avoir conseillé au roi celte mesure que pour rattacher plus intimement à la France le pape, dont on avait alors grand besoin. Ce qui pourrait justifier cette conjecture , c'est que le cardinal ne lit jamais usage du pouvoir dont il était investi.
(2) Rayn., ann. 1557, n" 29.
(.3J Th. i>n Bk7V. , TTist. des rr/liscs reformées, t. i, 1. ii , p. 114,
présidiaux invitassent l'évêque du lion ou son grandvicaire à se trouver présent au jugement. Du reste , les accusés avaient toujours le droit de se pourvoir en appel devant leurs juges naturels (0. C'est sans doute pour cela qu'il fut enregistré sans remontrances (15o7).
Quelque sévère que fut cette législation , le nombre des protestants s'augmentait de jour en jour a la laveur de la guerre , qui absorbait alors toute l'attention du gouvernement (2). Déjà le calvinisme comptait de nombreuses églises en France, et il commençait à trouver des patrons dans les chefs de l'aristocratie , et jusque parmi les princes du sang. Antoine de Navarre, Louis de Condé, son frère , l'amiral Coligny , Dandelot , colonel-généial de l'infanterie française , ne dissimulaient guère leur penchant pour la nouvelle doctrine (3). Malgré la rigueur des édits , les sectaires tenaient publiquement des prêches , faisaient dans Paris des processions de 5 à 6,000 personnes , multipliaient les assemblées secrètes , où on ne traitait pas seulement des affaires de religion , « ains des affaires d'estat, chose très-pernicieuse en toute république et monarchie ('i).» — «On se réunissoit aussi pour aviser aux moyens de se défendre et assaillir , fournir
(1) Voyez cet édit dans le recueil d'Isambert.
(2) « Après la bataille de Saint-Quentin, il n'esloit nouvelles (juc de l'accroissement des luthériens, et ne parloit-on que des assemblées secrètes qui se faysoient jour et nuit en maints lieux, et mes^ meraent dans la ville de Paris. » (La I^lace , 1. i , p. 41 .)
(3) Th. DEBi£ZF,l.ii, p. 140, 141.
(4) Mémoires de Castdnan , liv. i , p. 45.
argent aux hommes de guerre , et faire des entreprises sur les villes et forteresses du roy, pour avoir quelques retraites (i). »
Ces progrès du calvinisme , ces assemblées secrètes effrayèrent la royauté. Ces conciliabules nocturnes, ces levées d'hommes et d'argent , toutes ces menaces , cet appareil de guerre, annonçaient sufflsamment que l'hérésie ne tarderait pas a amener la rébellion. En outre, ces assemblées , presque partout , donnaient lieu à de graves désordres, à de véritables émeutes, où la fureur du peuple contre les hérétiques se manifestait souvent par l'effusion du sang (2). Ou ne tenait compte ni des ministres du roi , ni de ses ordres. <( Henri II aperçut enfin le danger, bien que tard, et voyant que ce peuple, qui était habitué à tant d'obéissance , en était venu à un tel point d'insolence , que non-seulement on ne craignait pas ses menaces , mais qu'on prêchait publiqiiement , on tenait des assemblées où assistaient un grand nombre de gens de qualité , de tout sexe et de tout âge , Henri II , pour ne pas perdre tout-a-fait son autorité et l'obéissance de ses sujets , fut forcé de conclure la paix avec le roi catholique , à des conditions fort désavantageuses , afin de pouvoir éteindre au dedans cet incendie qui brûlait de toutes parts (3). »
(1) Mémoires de Castelnau , 1. i , p. 45.
(2) De Thou , 1. XX , p. 242 et suiv. — Th. de Bèze ,1. a , passim.
(3) Piel2(ions des ambassadeurs vénitiens. Michel Scriako, 1. 1 , p. 523.
Le roi d'Espagne n'était pas moins préoccupé que le roi de France , des progrès que faisait l'hérésie dans les Pays-Bas. A la faveur de la guerre les sectaires se multipliaient. Le contact des Flamands avec les Allemands qui servaient dans l'armée espagnole propageait la contagion. Pour arrêter le développement du mal, Philippe II multiplia les évêchés dans les Pays- Bas , et en rendit d'autres indépendants des métropolitains de France. Camhrai, érigé en archevêché, se trouva séparé de la province de Reims, avec les évêchés d'Arras et de Tournay , qui en avaient toujours été dépendants. Ce démembrement de l'archevêché de Reims a encore fourni aux ennemis du cardinal l'occasion d'une vive attaque. On publia qu'en favorisant ces innovations , il avait voulu , par une nouvelle complaisance , cimenter son alliance avec l'Espagne (0. Il est regrettable de voir, ici encore, le grave de Thou approuver et accréditer tous ces bruits mensongers (2). Dès l'époque même du traité de Cateau-Cambrésis , il était question de distraire un certain nombre d'évêchés de la métropole de Reims. Le cardinal se plaignit hautement aux ambassadeurs du roi d'Espagne, de ce que, a à Rome, les Espagnols veulent le priver de ses églises suffraganées(3). »
(1) On a vu plus haut ce qu'il faut penser de celte prétendue alliance avec l'Espagne.
(2) De Thou , 1. xxii , p. 338.
(3) Papiers d'état du cardinal Granvelle, t. v, p. 257. Lettre de l'évéque d'Arras au président Viglius. 16 Septembre 1558.
i04 (Juaiul l'érection eut lieu , Henri II réclama auprès du pape Paul IV, et on peut certainement regarder ces réclamations comme l'expression du mécontentement du cardinal de Lorraine. L'évéque d'Angoulême, Philibert Babou de la Bourdaisière , ambassadeur du roi a Rome ^ représenta dans le consistoire que cette entreprise blessait les droits de la couronne de France et ceux de Tarchevéque de Reims ; qu'au moins le Saint-Père aurait dû consulter les parties intéressées , et observer en cela les formes ordinaires de la justice (0. Pendant le règne de François lî, le cardinal de Lorraine qui, dit-on, n'aspirait qu'à plaire au roi d'Espagne, renouvela plusieurs fois son opposition , soit a la cour de Rome , soit a celle d'Espagne (2). Cinq ans plus tard , il crut devoir encore une fois protester contre l'érection de Cambrai en métropole. Il revenait alors du concile de Trente, et il voulait tenir le concile de sa province, pour y promulguer les décrets relatifs a la discipline. Les lettres de convocation furent adressées de sa part à tous ses suffragants, et on n'oublia pas les évêques de Cambrai , d'Arras et de Tournay. On répondit de Cambrai que ce siège avait été érigé en archevêché, ayant sous sa juridiction les évêchés d'Arras , de Tournay (s) 5 qu'ainsi l'archevêque de Reims, ni
(1) RlBlER, t. Il , p. 805.
(2) RiBiER , t. Il , p. 842. — Voj^ez surtout : Négociations sous François II , par M. L. Paris, dans la collection des documents inédits, p. 829, 835.
(3) Dora Map.lot, édition latine, t. 11 , p. 818.
i05 son concile , n'avaient J'ordre a donner dans celte nouvelle province. Le cardinal , qui s'était bien attendu à cette réponse , ne laissa pas de déclarer, à la tête de ses comproviuciaux , que le changement fait à Cambrai était contraire a tous les canons , et qu'en qualité d'archevêque de Reims , il emploierait tous les moyens légaux pour conserver les prérogatives de son siège. Ces oppositions n'eurent aucun effet réel; mais elles n'en témoignent pas moins de la pureté des intentions du cardinal de Lorraine et de sa parfaite indépendance à l'égard de la cour d'Espagne. Son exemple autorisa seulement quelques-uns de ses successeurs à protester aussi contre la métropole de Cambrai.
Revenons à la France, où l'hérésie était plus menaçante encore que dans les Pays-Bas. Le calvinisme avait pénétré jusque dans le parlement -, et celte cour , qui jadis avait secondé avec tant de zèle le gouvernement , commençait a se relâcher dans l'exécution des édits. Un jour , le cardinal de Lorraine apostropha vivement le président Séguier , en présence du roi , et lui reprocha d'exécuter mal l'édit deChâteaubriant, dont il avait luimême requis la vérification , comme avocat du roi. Le président Séguier lui répondit que , si l'hérésie faisait des progrès , il fallait s'en prendre aux évêques , devant qui on renvoyait depuis quelque temps les coupables ; si le parlement avait été chargé de les juger , ils auraient été condamnés (0. Cette réponse du président
(1) La Place, 1. i , p. 14.
de la chambre des ïournelles prouve que, si les parlementaires ne se montraient plus aussi sévères dans l'applicalion des édits , c'était moins par tolérance pour les réformés que par jalousie contre l'ordre ecclésiastique , qui partageait avec eux la juridiction en cette matière. Henri II résolut de s'assurer lui-même des dispositions du parlement. A l'instigation du cardinal de Lorraine (0 , il se rendit aux Augustins, où la cour tenait ses séances depuis quelque temps , et il arriva au moment où elle délibérait sur la manière dont on procéderait contre les hérétiques. Les cardinaux de Lorraine et de Guise, le garde-des-sceaux Bertrandi, les princes de la maison de Bourbon , le connétable de Montmorency et le duc de Guise l'accompagnaient. La délibération continua : quelques conseillers firent appel à la modération du gouvernement, et demandèrent que les peines portées contre les hérétiques fussent suspendues jusqu'à la convocation d'un prochain concile. Deux d'entre eux , Anne Dubourg et Dufaur , se signalèrent par l'âpreté de leur langage; ils blâmèrent les \ices de la cour, et ne dissimulèrent nullement leur adhésion au calvinisme. Henri H se crut insulté par Dubourg , et donna sur-le-champ l'ordre d'arrêter les deux conseillers. Trois autres furent saisis dans leurs maisons , et une commission fut nommée pour juger leur procès (2). A la nouvelle de ces arrestations, les
(1) Mémoires de rie?7?etj//e. Colleclion Petitot, t. xxviii, p. 401.
(2) Voy. DE Thou, 1. XXII, p. 360; Th. de Béze, 1. m, p. 298 et suiv.
ministres de l'église réformée se réunirent à Paris et tinrent leur premier synode national. Ils rédigèrent une constitution propre à maintenir l'union entre leurs petites communautés, et sollicitèrent l'intervention des princes d'Allemagne en faveur des prisonniers. Le roi fut très-irrité de voir ses sujets s'assembler , délibérer sans son ordre et réclamer la protection des étrangers. Il rendit, au mois de Juin, l'édit d'Ecouen, par lequel les juges étaient contraints de condamner tous les hérétiques à mort. Il leur était expressément défendu de diminuer la peine, comme ils l'avaient fait depuis quelques années. «Les plus politiques et zélateurs de la religion estimèrent qu'il estoit nécessaire , tant pour conserver et maintenir la religion catholique , que pour réprimer les séditieux qui s'efforçoient, sous couleur de religion, de renverser Testât politique du royaume , et aOn que la crainte des supplices retranchât la secte par la racine (0. »
Quelque temps après , le roi Henri II mourut d'un coup de lance , au milieu des fêtes qui furent célébrées à l'occasion du mariage de sa sœur. Les protestants virent dans cette mort violente et prématurée un exemple de la vengeance céleste. Telle est la prétention des partis : malgré leur ignorance profonde des desseins de la Providence , ils affectent toujours de croire qu'elle est de leur côté.
(<) Mém. de Castelnau. CoWecl. Petitot , t. \xiii, ch. m , p. 26.
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