CHAPITRE Vin
POLITIQUE EXTERIEURE DU CARUINAE DE LORtiAI^E; SESRAri'OKTS AVEC LES COURS DE ROME KT DESPAGNE ; NÉGOCIATIONS FOUR LA CONVOCATION D*UN NOUVEAU CONCILE.
« L'Eglise ne pouvoit nier qu'elle n'eût besoin d'un concile , mais elle le différoit toujours , et cent fois elle approcha le calice de ses lèvres sans y vouloir goûter, jusqu'à ce qu'entin il fallut que ses propres enfants la forçassent à le prendre ; et le principal de ses enfants fust son lils aîné, le roy de France , qui en vint a bout par une juste menace d'un concile national (0. »
Tous les historiens prétendent que le cardinal de Lorraine se montra opposé à cette grande mesure que réclamait si vivement l'opinion publique 5 il n'y voyait, dit-on, qu'un danger pour la foi et une menace pour la cour de Rome.
(1) Additions aux Mcinoircs de Caslelnaa, 1. 1 , p. 466,
« Pour le regard du concile général ou national , dit l'un de ces historiens, il n'y voyoit pas grande raison, puisque ce n'estoit que pour réformer les gens d'église. Chacun le feroit de soy-mesme et facilement par le moyen des admonitions générales et particulières qu'on pourroit donner 5 qu'au surplus , Testât de la religion pour ce qui concerne la doctrine avoit esté si souvent arresté, qu'il ne falloit qu'en observer les décrets 5 que l'assemblée de tous les conciles du monde ne sauroit ordonner autre chose que l'observation des précédents (i). »
Telle était , en effet, la pensée qui dominait en Espagne , en Italie , et même au sein d'une partie du clergé de France ; mais était-ce bien comprendre les véritables besoins de l'Eglise et de la société a cette époque , et ne pouvait-on , par la suppression des abus et de tous les désordres qui excitaient tant de plaintes , ramener à la foi les consciences chancelantes , et donner satisfaction aux esprits sévères? Ne pouvait-on pas même , par de prudentes concessions, faire rentrer dans l'Eglise ceux qui s'en étaient éloignés, et par la rétablir cette grande unité religieuse qui s'était brisée a la voix de Luther? Beaucoup d'hommes sages l'espéraient ; et c'était nonseulement le vœu du cardinal de Lorraine , mais , à partir de l'époque où nous sommes placés, ce fut le but principal de sa politique. Il y a loin . il faut l'avouer, d'une telle pensée à celle qu'on lui prête.
(l) Dk Thou ,1. XXV, p. 534.— LaPlack, 1. 111 , p. 87. — Regnif.r pu LA Planche, p. 558.
Nous allons établir par des laits nombreux que ce fut la France qui prit l'initiative dans cette grande et importante affaire , par l'organe du cardinal 5 et il ressortira de cette discussion que , sans l'intervention active , puissante , opiniâtre de cet liomme d'un esprit si ferme et si décidé , jamais , probablement , les dernières sessions du concile de Trente , qui ont exercé une si grande influence sur les destinées du catholicisme, n'auraient eu lieu. Voyons d'abord comment la France était arrivée la.
Depuis le commencement des troubles religieux , les esprits étaient partagés sur le système de conduite qu'il fallait appliquer aux réformés. Il y avait deux manières de défendre le catholicisme contre les envahissements de l'hérésie : l'une consistait à étouffer le calvinisme par la violence et à contenir les esprits par la terreur. L'Inquisition était l'application la plus complète et la plus formidable de ce système , qui prévalait, à cette époque, en Espagne et en Italie , et qui avait été vainement essayé en France sous les deux règnes précédents. L'autre consistait a reconquérir au catholicisme, par la persuasion, les âmes égarées, et à ramener dans l'Eglise, par une sage réforme, ceux que le scandale avait jetés dans l'hérésie. Un concile général ou national qui réglerait détinitivement les matières de la foi , et qui procéderait immédiatement a cette réforme si ardemment désirée , semblait aux partisans de ce système le seul moyen de rétablir la paix dans les consciences, l'unité dans l'Eglise , et l'ordre dans la société. Pendant la première
partie de sa vie politique et jusqu'au règne de François II , le cardinal de Lorraine avait jugé le premier de ces deux moyens plus efficace; et il n'avait pas même reculé devant l'Inquisition mitigée , pour sauver le catholicisme menacé. Mais les progrès de l'hérésie et les événements d'Amboise lui avaient montré l'impuissance et l'inutilité de ce système -, il songea alors à chercher dans les voies de la conciliation le succès qu'il avait obstinément poursuivi par les moyens rigoureux. L'ancien grand-inquisiteur, qui , du reste, n'avait jamais exercé les fonctions de sa charge , prit a l'égard des réformés cette attitude de modération et d'impartialité, qui devait lui donner plus tard une physionomie si remarquable au concile de Trente. Ses premiers pas dans cette route nouvelle furent marqués par l'édit d'abolition du mois de Mars et par l'édit de Romorantin. Dans l'exposé des motifs du premier de ces édits , le roi annonçait ce changement de système en disant «qu'il ne voulait pas ensanglanter les premières années de son règne par le supplice de ses sujets 5 qu'il aimait mieux, à l'exemple du Père céleste, leur pardonner, épargner leur sang et les faire rentrer, s'il était possible , dans le chemin de la vérité, espérant plus a l'avenir de l'indulgence et de la douceur que de la sévérité des lois. » L'édit de Romorantin , en attribuant aux évéques la connaissance du crime d'hérésie , ne soumettait plus les réformés qu'a des peines canoniques. Les séditieux seuls étaient jugés par les cours séculières et condamnés
sans appel. Ainsi rhérésie simple n'était plus cliàiiée aussi sévèrement ; l'iierésie armée était seule considérée comme une rébellion , comme un crime d'état.
On tenait jusque-là pour gens mal intentionnés et suspects ceux qui, sous le règne précédent, s'étaient élevés contre les mœurs de la cour romaine et contre les abus qui régnaient dans l'Eglise. On avait emprisonné comme séditieux quelques parlementaires qui faisaient appel a la modération du gouvernement , et qui réclamaient la suspension des condamnations contre les hérétiques jusqu'à la convocation d'un prochain concile. Ces idées , inspirées par un sentiment d'humanité et de raison , avaient trouvé d'énergiques défenseurs et fait de nobles victimes dans le parlement. C'était pour les avoir soutenues avec chaleur qu'Arnauld Duferrier , Louis Dufaur, Paul de Foy avaient été incarcérés. Mais ces mêmes idées , parce qu'elles étaient raisonnables, avaient gagné du terrain et trouvé des partisans. Dégagées maintenant de tout ce que la passion pouvait alors leur communiquer de violence , elles étaient parvenues à se faire jour dans le conseil privé , et elles tendaient à passer dans les actes du gouvernement. Le cardinal de Lorraine s'y attacha avec cette énergie passionnée qu'il mettait en toutes choses , et il résolut d'en poursuivre la réalisation par tous les moyens , au risque de déplaire a la cour de Rome et à la cour d'Espagne , où ces projets de concile et de réforme ne trouvaient qu'une très-médiocre faveur.
iU
Voyons ce qu'en pensaient le pape Pie IV et le roi Philippe II.
Pie IV siégeait depuis quatre mois surlachairede saint Pierre, où il était monté par l'influence de la France (0. Tout d'abord il se trouva placé en face de cette grande question du concile, sur laquelle il ne tarda pas a se séparer du gouvernement français. Enefi'et, quoique, a l'é^ poque de son exaltation , il eût paru favorable a cette mesure ; quoique , au traité de Cateau-Cambrésis , Philippe II se fût engagé , ainsi que le roi de France, à provoquer la convocation de ce concile tant désiré par les protestants, cette pensée semblait abandonnée. Il n'y avait que la France , en définitive , qui eût un parti pris et l'intention bien arrêtée d'en venir a l'exécution. « Il n'y a que moi , écrivait François II a l'évéque de Rennes , qui en fasse instance (2). » En effet, dès que le traité de Cateau-Cambrésis eut tranché la question de politique extérieure , la France entama des négociations avec le Saint-Siège , pour la reprise du concile interrompu depuis loo2. Mais le pape d'alors , Paul IV , n'avait pas eu le temps de prendre une résolution a ce sujet ; et il était mort a la fin de 1559, léguant ses incertitudes et ses embarras a son successeur. La conviction du nouveau pape était que le concile n'apporterait aucun bien à l'Eglise , et que , loin de ramener les royaumes séparés,
(1) Voir RiBiER , 1. Il , p. 840.
(2) Mémoires pour servir à l'histoire du concile de Trente. Lettre du 24 Juin 1560 , in-4°, p. 43.
iS5 il ne ferait qu'exposer l'autorité pontiticale à de nouveaux, dangers. Toutefois , comme il jugeait qu'il serait imprudent de s'opposer ouvertement à ceux qui lui adressaient cette demande , il avait résolu de donner satisfaction a l'opinion publique sur ce point, sauf à ajourner autant que possible la convocation définitive (i).
Le roi d'Espagne pensait a peu près comme le pape , malgré l'engagement solennel qu'il avait pris l'année précédente. Dès le mois de Janvier, le cardinal de Lorraine lui rappela sa promesse et chargea l'ambassadeur de France de lui faire comprendre la nécessité du concile. «Ce seroit, dit-il, le vrai moyen pour remédier aux inconvénients que nous voyons aujourd'hui (2). »
Le roi d'Espagne, tout en protestant de son zèle pour la foi catholique, ne donnaà l'évêque de Limoges qu'une réponse vague et dilatoire. « Il désiroit , disait-il, en délibérer avec quelques notables personnes à ce mieulx entendant i^). » Ses ministres partageaient cette opinion , et le duc d'Albe disait : a qu'il n'y avoit rien qui ne fust déterminé par les anciennes assemblées de l'Eglise, et qu'il craignoit que ce ne fust pour altérer beaucoup de choses qui est oient en repos ('*). »
(1) FraPaolo, I. V, p. 401.
(2) Négociations sous François II. Lettre du cardinal de Lorraine à l'évêque de Limoges. Janvier 15ôO , p. 207.
(3) Ibidem. Lettre de l'évêque de Limoges au roi. Du 23 Février 1560, p. 278.
(4) Idem , ibidem.
Celte hésilation , ou , pour mieux dire , ce refus de la part du roi d'Espagne avait un double motif. D'abord il entrait dans sa politique générale de ne faire aucune concession aux réformés -, et puis , le concile étant , suivant l'opinion commune , le plus efficace moyen de pacifier le royaume , il n'était pas fâché , en empêchant la réunion des catholiques et des protestants, d'éterniser les troubles en France , afin de rendre son intervention nécessaire et d'y augmenter son influence (').
Cependant les événements se pressaient. L'assassinat du président Minart , la conspiration d'Amboise annonçaient que l'exaspération était au comble parmi les protestants. L'ordonnance d'amnistie du mois de Mars , au lieu de rétablir la tranquillité , avait donné lieu a de nouveaux troubles dans le midi. Des prédicants accourus de Genève ameutaient le peuple en Languedoc et dans la Provence , et la plus grande fermentation régnait dans les grandes villes de Nismes et de Montpellier. On pensa qu'il fallait un remède prompt au mal, et le conseil , sous l'impression de ces troubles , proposa presque unanimement un concile national (2). Quelques prélats , cependant , représentaient qu'avant de prendre une détermination aussi grave , il fallait attendre l'avis du pape. L'évêque de Valence, Montluc trancha la question , en disant que ce serait une grande folie de voir
(1) Addition aux Mémoires de Casielnau , 1. ni, p. 778. (2; Fr.\ Paolo , 1. V, p. 40'(.
Itrùlev Paris et d'attendre l'eau du Tibre pour éteindre rincendic (0. Le conseil décida donc que les prélats du royaume s'assembleraient le 10 Septembre, pour aviser aux moyens de paciOer les troubles. « C'était le cardinal de Lorraine , dit Fra Paolo , qui passait pour le principal auteur de cette convocation si inattendue (2). »
Comme cette idée d'un concile national fut un peu plus tard remise en avant, les historiens, qui veulent absolument voir dans L'Hospilal le représentant exclusif des idées modérées , ne manquent pas d'en faire honneur au grand-chancelier; et ils ajoutent que le cardinal s'opposa a toute détermination de ce genre. Or , on le voit , la pensée d'un concile national était arrêtée dès le mois d'Avril, c'est-à-dire avant l'entrée deL'Hospital en charge.
L'abbé de Manne fut envoyé à Rome pour faire connaître au pape les intentions du gouvernement français, et l'ambassadeur d'Espagne reçut l'ordre de renouveler ses instances auprès de Sa Majesté catholique. En même temps , on dépêcha vers l'empereur d'Allemagne l'évêque de Rennes, pour l'engager aussi à presser la convocation du concile généraU3). Sur tous les points le cardinal de Lorraine s'efforçait, soit par ses agents particuliers , soit par les ambassadeurs du roi qu'il animait
(1) Fra Paoi-O, I. v, p. 405.
(2) Idem, p. 407.
(3) Idem, ibidem. Négociatiovx xoirs François II , p. 501 , 515.
ioS
de sa pensée , de rallier les diverses puissances à sea grands projets de conciliation.
Le pape accueillit très-mal la nouvelle de la délibération du il Avril. « Ce n'est pas merveille, dit-il , s'il y a tant de troubles dans le royaume de France , où les sacrés canons sont méprisés , où l'autorité du pape est usurpée. » Il ajouta que les derniers édits introduisaient une apostasie manifeste dans le royaume ; que, du reste, il ne consentirait jamais a aucune assemblée de prélats, ni en France ni ailleurs, le Saint-Siège ne l'ayant ja-mais permis. Le concile national serait une espèce de schisme , enorgueillirait les évêques de France , et les mettrait en état d'accroître leur puissance aux dépens du roi. Les hérétiques, d'ailleurs, ne tiendraient pas compte de ses décisions tO.
Ces raisons étaient d'un grand poids assurément 5 mais il fallait alors convoquer immédiatement le concile général. C'est ce que le cardinal de Lorraine attendait ; car le concile national n'était que comminatoire , et il ne devait avoir lieu que dans le cas où l'autre serait refusé ou ajourné.
Le cardinal , toutefois , était disposé à passer outre si la France n'obtenait pas satisfaction : la fermeté de son langage le prouve suffisamment. François II écrivait a lévêque de Limoges , le 28 Juillet I06O :
« Quant à l'assemblée que j'avois voulu faire d'au-
(1-) Fr\ Paolo, i.\, p. 405.
cunes personnes notables en ung concile national dont ils ont tant cryé , c'est ce que j'avois trouvé en la nécessité où j'estois de remède propre et convenable pour apaiser le feu que je voyois allumé en mon royaume , et lequel je me délibère encore de suivre , si je vois que Nostre Sainct-Père ne cbemine de bon pied au faict du concile. Car il est certain qu'il y a tant d'abuz parmi les gens d'église , qu'il y en a peu qui facent leur devoir. Et cette négligence amène ung certain mépris des choses divines, par oîi finablement les hommes viennent à laisser Dieu , et tomber en toutes les erreurs oîi nous les voyons, où le temps presse qu'on mette la main.
M Quant à moy, ra'estant la conservation de mon royaumes! chère , je me délibère, si du pape , qui est le chef et le père commun , nous n'avons quelque allégement , de le chercher de moy-mesme , et assembler tant de gens de bien , que je puisse mettre en repos les consciences de mes sujets , purger ce qu'il y a de mal , establir une bonne réformation aux mœurs qui sont dépravez par la malice des hommes, et redduire Testât de l'église de mou royaume en sa pristine splendeur , de tout mon pouvoir (0. »
Quelque importance que le cardinal de Lorraine attachât au concile national , quelque bien qu'il en attendît pour la France , il est certain cependant qu'il faisait
(l) Négociât, sous François H, p. 434. Lettre du 28 Juillet 1560.
reposer ses plus grandes espérances sur le concile général ; c'était là seulement qu'il pensait faire triompher ses idées de réforme et de pacification universelle.
C'est ici que se révèlent toute la portée et toute l'étendue des vues de ce personnage si singulièrement défiguré par l'esprit de parti. Le cardinal de Lorraine rêvait la restauration de l'unité religieuse, non-seulement en France . mais encore en Europe. Il était impossible de parvenir à ce but , si l'on ne permettait aux protestants de faire entendre leurs voix dans le concile et de discuter leurs opinions, a côté des docteurs catholiques, dans ces états généraux du monde chrétien. Cette idée , il faut le dire, n'avait guère de partisans dans l'Eglise. Suivant le cardinal , le concile devait être un terrain libre , sur lequel les deux croyances qui divisaient la société devaient comparaître pour s'entendre, se reconnaître, s'il était possible, et se réunir au moyen de quelques concessions faites de part et d'autre. Si le concile de Trente , dans ses premières sessions , n'avait pas rempli toutes les espérances qu'on avait conçues , c'est qu'il n'avait pas procédé d'une manière conforme aux besoins véritables de l'Eglise. Au lieu d'y appeler les protestants qui , dès le commencement des troubles , réclamaient sans cesse un nouveau concile , on les en avait exclus , et on les avait condamnés sans les entendre. Aussi , n'avaient-ils point accepté ses décisions (0.
(1) Voyez pour la juslificalion de ces assertions : SégocuiUons sous François II , j). j'23 , 607, 015.
Le cardinal de Lorraine blâmait hautement cette conduite , et voulait qu'on agit autrement à leur égard. Les princes chrétiens devaient s'ellbrcer par tous les moyens d'amener les Allemands au concile. Si une fois ceux-ci se réunissaient à l'Eglise catholique , on pouvait raisonnablement espérer d'y ramener les autres dissidents. « Mais cela n'estoit pas possible , si l'assemblée ne se faysoit en lieu où ils fussent ouys , et qu'avecques eux on ne vuydât les querelles et différends , lesquels appointés , on seroit en paix et en repos (i). »
Le roi de France était donc déterminé à envoyer ses représentants au concile en tout lieu qui serait approuvé par l'empereur et par les états de l'empire. -■( Mais il n'estoit pas d'opinion que l'ouverture s'en fist, s'il n'estoit premièrement libre et général , et en un lieu où les estats catholiques et protestants se puissent trouver seurement et librement a l'union de toute la chreslienté en une mesme religion (2). »
Afhi de déterminer les princes de l'empire à se rendre à cette assemblée , le cardinal de Lorraine voulait que ce fût un concile nouveau , et non la reprise du concile de Trente. Il conseillait de le convoquer dans un lieu plus commode que cette dernière ville ; il indiquait Spire , Worms, Haguenau ; mais il n'en trouvait pasde
(^1) Voir dans les Aégociadons aouà François II la remarquable dépêche adressée le 28 Juillet à l'évèque de Limoges, p. 432 et suiv.
(2) Mémoires jwiir le concile de Trente. Lettre du 2G Jui» à l'évèque de Reunes , lôGO , p. 40 et suivantes.
i62 plus convenable et de plus agréable que Constance. Au surplus , le roi de France était si impatient d'en finir avec les troubles , et il attendait de si bons effets du concile , qu'il était disposé a envoyer les évêques de son royaume partout où on voudrait , fût-ce même au fond de la Pologne (0,
L'assemblée des notables , qui fut convoquée à Fontainebleau dans le mois suivant (20 Août) , vint fortifier encore le cardinal de Lorraine dans sa pensée. Tous les orateurs de cette réunion avaient demandé la convocation du concile national , et il ne s'était pas élevé une seule voix contre cette résolution iV.
Les historiens qui ont cru voir dans les éloquentes harangues de l'évêque de Valence et de l'urchevêque de Vienne , dans leurs réclamations énergiques en faveur du concile et dans leurs sanglantes invectives contre les mœurs du clergé et de la cour romaine , une sorte d'opposition au gouvernement des princes lorrains, se sont, on le voit , singulièrement trompés. Ces deux prélats n'ont rien dit sur la nécessité du concile et de la réforme, que le cardinal n'eût exprimé vingt fois dans ses dépêches aux
(1) Négociations sous François II. Mémoire remis à Antoine de Tolède, p. G20.
(2) Négociations sous François II. Le roi à l'évêque de Limoges , p. 490, 491.
« Ce dernier parti , dit Michel Suriauo , fut pris sans la participation du pape, et résolu contre sa volonté et contre celle du roi d'Espagne. Ces derniers firent tout ce qui était en leur pouvoir pour j'empécher. » Relat. des ambas'. vénit., 1. 1 , p. 257.
1G5 ambassadeurs de France k l'étranger. Seulement, comme représentant du gouvernement, il ne crut pas devoir renouveler ses plaintes contre les lenteurs du pape en face de la France entière , afin de ne pas compromettre le succès des négociations qu'il poursuivait en ce moment. En conclure qu'il protesta contre toute nouvelle réunion d'un concile est une erreur que tout ce que nous venons de dire réfute suffisamment.
Cette attitude de la France jetait le pape dans la plus grande perplexité. La convocation d'un concile général, dans lequel , suivant les vues du cardinal de Lorraine , on aurait admis les protestants , lui inspirait des craintes sérieuses. De l'autre , la convocation d'un concile national lui semblait , dans les circonstances actuelles , un acheminement à un véritable schisme. Elfrayé de cette résolution , il envoya l'évêque de Viterbe en France, et un peu plus tard le cardinal de Tournon, pour engager le roi à abandonner le concile national. En même temps , il invitait le roi d'Espagne à appuyer ses démarches et a user de tout son pouvoir auprès de François II, pour l'amener a se désister de ce projet (1).
Il importe ici de faire connaître d'une manière plus complète la politique de la cour de Rome et celle du roi d'Espagne en cette grave matière du concile. Nous ver-
(j) Fi\,\ Paoi.o, 1. V, p. 'j05.
rons mieux quelle était alors la situation du cardinal de Lorraine vis-à-vis du pape et de Philippe II , et nous vérilierons ainsi s'il ne fut , comme on l'a dit , que le complice de la politique étroite et sanguinaire du monarque espagnol.
Depuis la dernière prise d'armes des Italiens , sous le pontificat de Paul IV , la plus étroite alliance régnait entre l'Espagne et le Saint-Siège. Les cours de Rome et de Tolède avaient confondu leurs intérêts, et le roi Philippe II s'était constitué le champion de l'Eglise et de la papauté. Ce monarque était devenu alors la personnification la plus austère et la plus inflexible du catholicisme. Etranger a tous les ménagements, ennemi de toute mesure de conciliation , c'était par la force qu'il prétendait dompter l'hérésie. Les arrêts de l'Inquisition et l'épée de ses soldats étaient les seules armes qu'il aimait à employer contre les protestants : avec de pareils arguments , on n'avait besoin ni de réforme , ni de concile. Dans ses vastes plans de propagande armée a travers l'Europe, il aurait voulu que le roi de France et l'empereur d'Allemagne se conformassent à ses vues , et que leurs forces , réunies a celles des Italiens , fussent dirigées contre les hérétiques. Taudis que Chantonney, a Paris, poussait aux moyens violents , Philippe II lui-même ne cessait de donner a l'ambassadeur de France en Espagne des con- .seils semblables , » lui déduisant le temps des communes et guerres civiles qui furent en Espagne , lorsque
reiiipc'iL'ui' son |)èie viiii a la cuiiruiinL' , et les moyens qu'il avoit observés (0. »
Déjà , a répo<}UO de la conjuration d'Amboise, il avait oflért ses services au gouvernement français [)0ur écraser les rebelles ('^). « Maintenant il n'y avoit guerre de Mores ni de Turcs, eu laquelle il s'employât avec plus d'aiïeclion (3). » Le roi de France approuvait son zèle , mais il ajournait toujours l'emploi des secours , attendant , «comme bon et très-chrestien prince, le remède du temps , et que les principaux se châtiassent eux-mesmes , sans que l'on fit semblant de les connoistre i^). »
C'était par le concile , surtout , qu'on prétendait en France éviter les moyens rigoureux ; mais « le roy d'Espagne suivoit a cet endroit ungchemin plein de longueur et de difllcultez, ou s'aheurtoit à reprendre U^s erres du concile de Trente , ce qui estoit gâter tout et enîpècher de cueillir le fruit que tout le monde attendoit d'un si bon et si sainct œuvre (&). »
Le roi d'Espagne, ne pouvant amener le cardinal
(I) IS'dgociations sons François II. Lettre de l'évèque île Limoges au roi. 26 Sept. 1560, p. 551.
{?.) Négociât, sous François IL Le roi à révéque de Limoges. 30 Août 15G0, p. 495.
(3; Négociât, sous François II. Lettre de l'évèque de Limoges au roi. 26 Sept. 1560, p. 553.
(4) Négociât, sous François II, \). 551.
(5) Négociations sous François II. L( tire du cardinal de Lorraine à l'évoque de Limoges. 28 Juillet 1560 , p. 4i2.
de Lorraine à suivre son exemple , cherchait a l'isoler dans son système et a contrecarrer toutes ses démarches en Allemagne auprès de l'empereur (0. C'était là, en effet , qu'était le point d'appui de la politique française -, et le cardinal s'efforçait par tous les moyens de rallier à ses idées l'empereur Ferdinand et son fils , le roi des Romains , qui , tous deux . inclinaient 'a la douceur, et suivaient à l'égard des protestants nne politique pleine de ménagements. C'était en opposant la modération de la France et de l'Allemagne comme contrepoids à la sévérité du pape et a l'absolutisme de Philippe II , que le cardinal de Lorraine espérait faire triompher ses projets. Mais , la aussi . il rencontrait sur son chemin les agents du pape et ceux de l'Espagne, qui intriguaient et disputaient 'a la France le concours de l'empereur. Les ambassadeurs d'Espagne calomniaient ses démarches , et l'accusaient de vouloir fomenter des troubles dans les Pays-Bas et en Angleterre : « Tout cela tendant a mettre en longueur la résolution qui se devroit promptement prendre pour le faict du concile, la longueur de laquelle ne peut estre que très-dommageable (2). ))
(1) « Les Italieos et les Espagnols nous veulent déterrer d'aller en Allemagne par tous les moyens qu'ils pourront. » Lettre de l'évéque d'Orléans à l'évéque de Rennes; Adclit. aux Mém. de Caslelnait, 1. II, p. 240. IS'égociat. sous François II , p. 524.
(2) Négociât, sous François IL Lettre de l'évéque de Limoges, 18 Sept, lôon , p. 52'<.
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II en résulta un refroidissement momentané entre les deux cours de France et d'Espagne , et il semble que le cardinal de Lorraine ne supportait alors l'alliance espa^ gnole qu'avec impatience, et parce qu'il la jugeait nécessaire, indispensable a la conservation du catliolicisme dans le midi de l'Europe. Il acceptait volontiers le concours de l'Espagne dans la lutte engagée contre l'hérésie calviniste , mais il voulait un concours désintéressé, et il ne pouvait souffrir que cette alliance donnât à Philippe II le droit d'exercer sur la France un protectorat offensant pour sa dignité et compromettant pour sa grandeurau-dehors. Il se plaignit énergiquement a l'ambassadeur de France des entraves que le roi d'Espagne essayait d'apporter a la marche libre de la politique nationale. « Il semble , écrit-il a l'évêquede Limoges , que l'on veuille nous tracer nos pas, faire nos bornes, pour refroidir nos amis et nous renfermer dedans les limites de ce royaume , qui a eu par le passé les bras si longs , et les rayons s'en sont étendus si avant , que nous mourrions de regret, s'il falloit que nostre maistre feust moindre que ses prédécesseurs. » Admirables paroles, qui respirent la plus noble indépendance et le patriotisme le plus fier et le plus élevé (0 !
A la même époque , l'ambassadeur espagnol près de l'empereur voulait prendre le pas sur l'ambassadeur français ; le roi François II lui écrivit :
[i) Lettre du cardinal de Lorraine et du duc de Guise à l'évéqu^ de Limoges. 18 Septembre 1560 , p. 5.31, 532.
(( J"ai trouvé bien eslrauge la dispiile que le roy des Espaignes vous a faicte sur ma précédense ; car il semble qu'ils ayent délibéré de la desbaltre depuis ung des bouts de la chrestienté jusqu'à l'autre : ayant commencé à Rome et continué depuis en tous lieux où luy et moy avons des ambassadeurs. » Il terminait en disant : « Pour conclusion , vous avez commandement de moy de ne céder a l'ambassadeur de mon bon frère en quelque sorte que ce soit (0. »
Pendant ce temps-la , le duc d'Albe apportait au cardinal de Lorraine les remontrances de son maître au sujet du concile national. On connaît assez la politique du roi d'Espagne , pour deviner l'esprit qui dictait ses conseils. « Il offroit au roy, pour l'entretennement de la foy et de la religion chrestienne en son royaume , et la pacification de son estât et chastiment de ses subjects qui se vouldroient eslever et faire des maulvais , toutes ses forces et puissance , et la où il seroit besoing , de y venir luy-mesme , et par la luy tesmoigner la perfection de son amitié (2). »
Le cardinal de Lorraine répéta au duc d'Albe ce que l'évêque de Limoges « a tant et tant de fois dict et remonstré de sa part , » que le roi ne songeait nullement
(1) Négociations sous François II. Le roi à l'évéquc de Rennes, p. 505.
(2) Négociations sous Frariçois II. Réponse faite an roi d'Espagne. Oct. 1590 , p. Cl 5.
à se séparer de l'Eglise par la tenue d'un concile national , mais nniqiiement à faire cesser les troubles qui s'étaient élevés dans ses états ; qu'au surplus , si Sa Majesté catholique jugeait le concile national pernicieux, elle devait , déposant toutes passions particulières , s'entremettre auprès du pape pour empêcher le mal par la célébration d'un saint concile général , libre et sûr, et tel que les besoins du royaume et de la chrétienté l'exigeaient (0.
Ces raisons , et d'autres encore , furent déduites dans un remarquable mémoire qui fut remis à l'envoyé du roi d'Espagne , et qui était , comme on dirait de notre temps, l'ultimatum de la France sur cette grande question (2).
Nous en avons assez dit pour faire connaître les rapports du cardinal de Lorraine avec l'Espagne , et pour montrer qu'il était peu disposé a lui sacrifier les intérêts et la dignité du pays.
Que penser maintenant du récit de de Thon, qui prétend que le roi d'Espagne fut engagé par les Guises h envoyer Antoine de Tolède au roi, sinon que pour cet historien si grave, et réputé si exact , c'est un parti pris de représenter toujours le cardinal comme un ministre vendu à l'Espagne? Nous ne parlons pas de l'anachronisme qu'il commet , en plaçant ce voyage au commencement du
(1) Négociations soîis François IL Réponse faite au roi d'Espagne , et portée par don Antonio de Tolède. Oct. 1560, p. 615 et suiv.
(2) Ibid.
règne de Charles IX , tandis qu'il eut lieu deux mois avant la mort de François II (0.
Le cardinal de Lorraine , nous allons le voir, tint la même conduite et montra la même fermeté à l'égard de la cour de Rome.
En général , la papauté , on le sait , montrait assez de répugnance pour les conciles, ces grandes assemblées de l'Eglise délibérante. C'était, en effet, dans les conciles que venaient retentir, par la voix des docteurs et des évêques, les plaintes des peuples contre les abus du gouvernement pontifical. C'était là que se faisaient entendre les cris de réforme ; c'était la que l'épiscopat revendiquait ses droits par la liberté de la discussion ; qu'il réclamait des garanties pour son indépendance , et fixait des limites à l'autorité du Saint-Siège. Pie IV, si on en juge par ses lenteurs , ses ajournements , n'était pas mieux disposé que ses prédécesseurs à recourir à cette suprême mesure. La question , d'ailleurs , se présentait sous un aspect vraiment formidable pour la papauté. D'un côté , une réforme sévère quidevait blesser beaucoup de gens d'église, et qui atteindrait la cour de Rome elle-même -, de l'autre, l'admission des protestants au concile, avec de larges concessions qui renverseraient des usages , des traditions consacrées depuis des siècles : voila ce que le pape ne pouvait envisager sans crainte et sans inquiétude. D'un autre côté , le cardinal de Lorraine tenait sus- Ci) De Thou , I. XXVI , p. .i87.
pendue sur sa tête la menace d'un concile nalional, et \è Saint-Siège se voyait en danger de perdre le plus beau tleuron de sa couronne. Il y avait la un grand sujet de préoccupations. Que lit la papauté ? Fidèle à ses habitudes , elle chercha a gagner du temps ,elle négocia : en même temps que ses courriers allaient , venaient, elle engageait le roi de France a continuer l'emploi de la lorce pour ramener les mutins a l'obéissance ; et pour détourner la question du concile , elle conseillait une entreprise sur Genève , le réceptacle de ces prédicants, qui infestaient le royaume. Mais le cardinal, qui ne voulait pas davantage aigrir les huguenots , accueillit trèsmal celte proposition (0. Puis, pour satisfaire au besoin de réforme exprimé de toutes parts , le souverain pontife invitait les évéques à résider dans leurs diocèses, les curés a remplir leurs devoirs , et songeait à réformer luimême la cour de Rome. Mais toutes ces mesures paraissaient insuflisantes au cardinal de Lorraine. « Ce sont les remèdes ordinaires que ce qu'ils disent de faire vivre bien et résider les gens d'église , chose que l'on n'oublie pas 5 mais estant le mal extraordinaire , urgent , il y faut des herbes plus fortes , et que l'on voye une réformation complète eu ceux qui doivent servir d'exemple et de mirouer (2). »
Au refus du pape de consentir au concile national ,
(1) Fra Paoi.o , 1. V, p. 407.
(2) Négociations sous François II. Lettre du cardinal de Lorraine àl'évéque de Limoges. 19 Septembre 1560 , p. 535.
in
Il répondait en invoquant les traditions de l'église gnflicaue , et en s'appuyant sur l'exemple des rois prédécesseurs de François II. Il soutenait la légitimité de cette assemblée. « laquelle a esté lantcélébrée par les anciens, que la plnspart des belles choses qui sont en l'Eglise y ont esté introduites, et a esté un remède si familier aux rois , qu'on en voyt dans les chroniques une inflnilé qu'ils ont fait faire pour le bien de l'Eglise (0, »
Toutes ces remontrances excitaient le mécontentement de la cour de Rome , et partout les nonces s'agitaient, en Espagne, en Allemagne, pour empêcher la tenue du concile national et pour ajourner l'autre.
« Tous les ministres de Sa Sainteté qui sont ici , écrivait l'évêque de Limoges, n'allèguent point de remèdes, mais seulement prolongation et teraporisement , en quoy ils ont fort persuadé et accommodé Sa Majesté catholique , laquelle s'attend plus en la force et justice dont il sera usé en France qu'aux conciles W. »
Ce qui avait surtout blessé le pape et le roi d'Espagne, c'était la puissante entremise de la France auprès de l'empereur , et Tadhésion de Ferdinand aux idées du cardinal.
Celui-ci , que ces intrigues ne blessaient pas moins vivement , ne pouvait contenir son impatience : « Je say bien ce que je dois a Sa Sainteté , écrivait-il , et
(1) Négociations sous François II. Lettre du 30 Août 1560, p. 493.
(2) /6/d. Lettre de l'évêque de Limoges. Du 26 Septembre 1560, p 552.
la profession que je fais ; à qiioy je ne ferai jamais rien contraire ; mais je serois bien ayse que luy et les aultres princes eussent nng peu pins a cuœur le besoin que la chrcstienté a de leur ayde , et que l'on ne s'amusât pas à consulter les m(klecins, quand on voyt que le paliant a la mort entre les dents (O, »
C'était, il faut l'avouer, un beau rôle que celui que jouait le cardinal de Lorraine en ce moment : l'Allemagne s'intéressait au succès de ses grands projets ; l'Espagne s'en inquiétait-, la papauté en redoutait l'exécution. Ce n'était pas sans raison que Pie IV l'appelait le pape d'au-delà les monts. Et en effet , quand , au milieu de ce conflit d'intérêts qui divisaient les cours catholiques; au milieu de ce déchaînement des passions religieuses qui bouleversaient le monde chrétien , on le voit se poser comme le modérateur, le paciticateur de l'Eglise -, quand à ces lenteurs , à ces incertitudes du pape on oppose sa promptitude d'action , son esprit de décision ; quand , enfin , a cette résignation douloureuse avec laquelle le Saint-Siège est disposé a laisser en dehors de l'unité catholique les peuples qui s'en sont séparés , on compare ces plans si vastes et si hardis du cardinal , ces grandes mesures qu'il conseille pour les y ramener , on se demande si la papauté est en Italie ou en France, et si le chef de l'Eglise est à Rome ou à Paris.
(1) Négociations sotis François II. Lettre tlu cardinal. Du 19 Septemlire 15C0.
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Il fallait que le pape se résignât. Presque au même moment , il reçut du cardinal de Tournon une dépêche qui lui mandait qu'après tous ses efforts , il n'avait rien pu obtenir du roi ni de ses ministres , et une copie de la réponse faite au prieur Ant. de Tolède , l'envoyé du roi d'Espagne. Il la communiqua aux cardinaux. On délibérait encore, lorsqu'un courrier arriva chargé d'une nouvelle dépêche , qui portait que , si le pape n'ouvrait au plus tôt le concile général, le roi de France ne pourrait se dispenser de convoquer le national. Le pape se décida enfin , et la bulle de convocation fut publiée le 29 Novembre (1).
(1) Fra. Paolo , L V, p. 440 et suiv.