GONDI COADJUTEUR
saint Paul. On voit d'ici la mine sournoise du petit Gondi, obligé de subir sans grimace, sinon sans douleur, l'enseignement du pieux évêque. Il joua si bien la comédie que M. de Lisieux,'avec une adorable candeur, essaya de faire partager ses intentions bienveillantes à Richelieu. Le cardinal fit la sourde oreille : la maison der Gondi lui était odieuse, et il voyait plus clair que le digne ecclésiastique dans les cartes du jeune intrigant. Il se contenta de répondre qu'avec toutes ses qualités Gondi avait un grand défaut, il était l'ami de tous ses ennemis.
— Il est vrai, dit Monsieur de Lisieux, et vous devez l'en estimer. Vous n'avez nul sujet de vous en plaindre. J'ai observé que ceux dont vous entendez parler étaient tous ses amis devant que d'être vos ennemis.
— Si cela est vrai, dit le cardinal, l'on a tort de me faire les contes que Ton en fait (J ).
Si Richelieu eût vécu, Gondi eût sans doute pu dire adieu à toutes les espérances qu^il avait fondées sur l'archevêché de son oncle. Mais le grand cardinal lui rendit le service de mourir en décembre 1642 ; la maison des Gondi reprit pied à la cour : elle mit toutes ses influences en jeu pour le porter à la place de coadjuteur de l'archevêque de Paris. La Sorbonne, les curés, le Chapitre de ISotre-Dame, l'archevêque lui-même, bien que grognon, quinteuxet, par- dessus
(i; Œuvres du cardinal de Relz, t. I, Mémo'rcs, t" partie, p. 200. REUY. -