METZ
d'objet bien arrêté. Entre les deux lièvres après lesquels il pouvait courir, le coadjuteur hésitait.
<' Je voyais la carrière ouverte, même pour la pratique, aux grandes choses dont la spéculation m'avait beaucoup touché dès mon enfance : mon imagination me fournissait toutes les idées du possible: mon esprit ne les désavouait pas, et je me reprochais à moi-même la contrariété que je trouvais dans mon cœur à les entreprendre. Je m'en remerciai, après en avoir examiné à fond l'intérieur, et je connus que cette opposition ne venait que d'un bon principe. Je tenais la coadjutorerie de la reine : je ne savais point diminuer mes obligations par les circonstances. Je crus que je devais sacrifiera la reconnaissance et mes ressentiments et même les apparences de ma gloire, et, quelque instance que me firent Montrésor et Laigue, je me résolus de m'attacher purement à mon devoir et de n'entrer en rien de tout ce qui se disait et de tout ce qui se faisait en ce temps-là contre la cour (1). *
Il se flatte et il nous trompe. Il n'était pas de ceux que la reconnaissance enchaîne ; et la mesure de son devoir a de tout temps été pour lui celle de son intérêt particulier. Tout ce que l'on peut dire h sa décharge, c'est qu'il n'était pas le seul dans son cas, à cette époque. S'il est vrai que les gens à principes soient ordinairement moroses, on ne s'étonnera pas que la Fronde ait été si gaie. Personne n'y a abusé des considérations générales ; la raison classique n'avait pas encore, en ces temps reculés, produit tous ses effets, et ceux-là mômes que la pente naturelle des événe-
{{) OEuvresdu cardinal de Retz, t. II. Méhioires, :2« partie, p. 6 et 7,