CHAPITRE VII
GONDI ET MOXSIi:UR LE PRINCE
Prétentions et imprudences du prince de Condé. — Gondi se rapproche de la cour à cause du chapeau. — Ses entrevues nocturnes au Palais-Royal avec la reine. — Il veut faire assassiner Monsieur le Prince. — Organisation de la réclame politique. — Les colporteurs de Gondi et les camelots d'aujourd'hui. — La guerre des Pots de cliamire. — Comment Gondi savait occuper et fortifier le Palais. — La grande affaire du 21 août 1631.
Le prince de Condé était un foudre de guerre. Ce n'était pas un grand politique. Cela s'est vu chez d'autres que chez lui. Il était à peine rentré à Paris qu'il devint parfaitement insupportable. Il se conduisit avec Anne d'Autriche et le petit roi comme un bravache sans éducation. Il exigea le gouvernement de la Guyenne, et quand il l'eut, réclama sans vergogne celui de la Provence; je ne parle pas de ses autres demandes. Pour le satisfaire, il eût fallu gaver tous ses amis de places et d'honneurs. Il fut aussi égoïste, aussi attaché à ses intérêts personnels, aussi indifférent au bien de TEtat que Gondi et ses frondeurs ; mais il eut sur eux ce désavantage d'être beaucoup plus maladroit. Avant même de se résoudre à la guerre civile, il laissa croire qu'il la désirait; avant d'attaquer en face l'autorité royale , il essaya de l'avilir. On vit deux fois en un jour le vainqueur