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battaient à cette époque le pavé du Roi. On a pu dire de Bonaparte avec une apparence de raison qu'il fut un condottiere du xvi^ siècle égaré au milieu du nôtre. On ne fera pas le même reproche à Gondi : il appartient vraiment à son temps. Il en est l'une des figures les plus expressives et les plus vivantes. Imagine-t-on la Fronde sans Gondi ? Elle y aurait perdu la meilleure part de ce qui fait son charme, son tapage et sa fantaisie. Comme ses amis ou ses adversaires, plus qu'eux peut-être encore, Gondi eut le tempérament bilieux, l'humeur batailleuse, un besoin jamais satisfait de mouvement, de bruit et d'intrigues. Il fut hardi, provocant, agressif, avide de coups et d'aventures, plus turbulent que vraiment actif, plus épris de parades et d'applaudissements populaires que de gloire solide et sérieuse, plus vaniteux qu'orgueilleux. Mais il répondit encore mieux à l'esprit de son siècle qui se plaisait à ces contrastes en aimant les petits moyens, en recourant aux luttes sourdes, aux négociations savamment filées, aux complots machinés mystérieusement entre deux conversations dans les ruelles, et qui éclatent tout à coup au Pont-Neuf ou ailleurs sous les pas des maîtres du jour. Ce sont là des traits qui conviennent à Gondi, mais qu'on, retrouverait sans peine, plus ou moins épars, chez quelques-uns de ses contemporains. En voici d'autres qui lui sont plus personnels et qui avec les premiers compléteront son portrait : une ambition sans scrupules,