‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 100 sur 218 · LETTRES DE MAZARIN AUX AMIS DE RETZ · texte numérisé non relu

LETTRES DE MAZARIN AUX AMIS DE RETZ

du maréchal de Yilleroi, mais que je dois considérer le coadjuteur et M"* de Chevreuse comme des ennemis irréconciliables ; d'autres , que ni eux ni Châteauneuf ne valent rien pour moi et que je dois me lier avec M. de Villeroi et m'employer auprès de la reine pour lui faire donner toute la confiance ; d^autres, que, si je la prends entière en M. le coadjuteur, lequel a affaire de mon crédit pour se bien établir auprès de Sa Majesté, je dois attendre des merveilles de ce côté-là, et qu'il fera gloire d'avancer tout ce qu'il faut pour mon rétablissement, dans lequel il peut trouver son compte et satisfaire à son ambition par divers moyens qu'ils me déduisent ^.. // Le S3 septembre, Mazarin écrivait à M. de Penacor, ami et parent éloigné de Retz, pour lui dire qu'on Tavait averti que le coadjuteur était l'auteur d'un grand nombre de pamphlets contre lui. » Mais vous pouvez bien dire (au marquis de Noirmoutier et à M. de Bussy Lamet, autres amis de Retz), ajoutait Mazarin, que tous ces artifices ne sont pas capables de faire changer la résolution que j'ai prise et pour le bien de l'Etat et pour ma satisfaction particulière, d'être lié avec les -susdites personnes (le coadjuteur et M"' de Chevreuse) d'une sincère amitié*... » Le même jour, Mazarin écrivait au marquis de Noirmoutier, autre ami intime de Retz, une lettre destinée à être mise sous les yeux de ce dernier : a J'ai vu, lui disait-il, tout ce que le sieur de Penacor m'a

* Archives du ministère des affaires étrangères, France, Lettres de Maiarin, t. XXIX. Mazarin à Colbert^ik septembre 1651.

* Archives du ministère des affaires étrangères, France. Lettres de Mazarin^ t. XXIX.

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écrit de votre part, et j*ai été ravi des nouvelles assurances que vous me donnez de votre amitié et de celle de vos amis (le coadjuteur et M"* de Chevreuse), auxquels j'ai promis la mienne, en sorte que j ^espère qu'ils n'auront jamais sujet d'en douter. Je n'oublie rien pour en faire toutes les avances et d'une manière qui les touchera, ce me semble, puisque je les sers en tout ce que je puis, me remettant pour ce qui me regarde à leur bonne foi. J'ai écrit avec toute la chaleur imaginable pour obliger la reine h ne retarder point davantage la satisfaction de M. le coadjutem* (c'est-à-dire sa nomination au cardinalat), faisant connaître à Sa Majesté que cela était non-seulement avantageux à son service et à celui du roi, mais très-nécessaire. Et une des raisons qui m'a convié à employer mon petit crédit en cette affaire (outre la satisfaction de lui donner généreusement toutes les marques de la résolution que j'ai prise d'être sincèrement lié avec lui d'une parfaite amitié, ayant de son côté promis la même chose à la reine et m'en ayant assuré par d'autres voies), c'a été la crainte que j'ai qu'il ne se forme de nouvelles cabales contre mondit sieur le coadjuteur pour lui retarder la grâce que Sa Majesté lui a fait espérer*... »

11 était impossible de montrer plus de grâce et d'insinuation. <r Quelque chose qui arrive, ajoutaitil, je serai ferme et rien ne sera capable de m'empécher de servir fortement les personnes auxquelles je me suis engagé, par les moyens que j'aviserai être

' Archives du ministère des affaires étrangères, France, Lettres </' MataHn, t. XXIX.

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