SOUPÇONS DE MAZARIN
qu'il fit avec tant de plaisir... Au reste, vous savez que je me porterai aveuglément à tout ce que M"** de Chevreuse et le coadjuteur jugeront à propos, et me conduirai par leurs instructions, reconnaissant que la reine en sera bien aise et que e« sera pour son service et celui du roi. »
Comme le coadjuteur avait fait quelques protestations à Bartet qu'il serait utile à Mazarin, s*il le pouvait; celui-ci demandait à ressentir enfin les effets de son bon vouloir. « Ce que je souhaiterais, disait-il à Bartet, en attendant mieux, ce serait un peu de repos avec sûreté ; car je suis exposé à de continuels dangers dans le lieu où je suis présentement, et suis contraint, avec tous les millions des halles S de licencier mes gardes et la plus grande partie de ma famille, à la fin de ce mois, faute de quoi la pouvoir entretenir. C'est pourquoi, si on pouvait faire en sorte que je fusse promptement reçu dans Brissach, ainsi que la reine en a l'intention, je serais extrêmement obligé au coadjuteur s'il donnait quelque expédient pour cela. Je prie la princesse palatine et Bartet d'y appliquer, et vous de leur en parler fortement de ma part "... »
Et deux jours après ces témoignages apparents de confiance, Mazarin exprimait à Colbert toutes les craintes et tous ses doutes : « .On n'oublie rien, d'un côté, lui écrivait-il, pour me faire concevoirles derniers soupçons de tous les Frondeurs en général ; d'autres me répondent de M. de Chàteauneuf et
1 Avec tous les millions que lui supposait le peuple des halles, {Note de M, RaveneL) * Lettre chiffrée de Masarin à Bartet, du 12 septembre I65I*