NOBLE LETTRE DE MAZARIN
nière déclaration rendue contre lui par le Parlement en présence de la reine et signée de la main du roi (26 septembre) ^ « Le roi et la reine, écrivait-il avec un sentiment de profonde douleur, m'ont déclaré un traître, un voleur public, un insuffisant et Tennemi du repos de la chrétienté, après les avoir servis avec tant de fidélité, sans aucun intérêt, et avec tant de succès. Le plus zélé des ministres qui aient jamais été passe à présent pour un scélérat, pour un infâme. Lorsque ses plus fiers ennemis étaient à bout de leurs artifices, et que les diligences qu*ils avaient faites pour le noircir de quelque crime n'avaient servi qu'à faire éclater son innocence, le roi et la reine, de qui il a mérité la bienveillance et l'approbation par ses grands et fidèles services, Tout déclaré criminel et le plus abominable des hommes. Si je puis obtenir de l'équité de Leurs Majestés ce qui ne se refuse pas au dernier des honmies, qui est d'être entendu, et qu'on me fasse mon procès dans les formes, afin qu'étant coupable, je lave de mon sang les crimes que j'aurais commis, c'est la seule et la plus grande grâce que je saurais recevoir, et, pour cela, j'irai gaîment me rendre prisonnier entre les mains de ceux qu'on croira avoir plus de mauvaise volonté contre moi. Il n'est plus question, disait-il en finissant, ni de bien, ni de repos, ni de sûreté, ni de quoi que ce puisse être. Je demande l'honneur qu'on m'a 6té, et qu'on me laisse en chemise, renonçant de très-bon cœur au cardinalat et à mes bénéfices, desquels j'enverrai la démission avec
* Journal d'un Parisien,