INFLUENCE DE RETZ
heureux d'avoir ainsi entamé la réputation de désintéressement que le coadjuteur avait mis jusquelà tant de soin à acquérir, fit avorter brusquement l'affaire après Tavuir ébruitée. « Je fis en ce moment, nous dit Retz, une seconde faute, presque aussi grande que la première ; car au lieu d'en profiter, comme je le pouvais, en deux ou trois manières, je m'emportai et je dis tout ce que la rage fait dire, à l'honneur du ministre... »
C'est à partir de ce moment que Retz passe le Rubicon et que la grande lutte va commencer entre lui et Mazarin. Désormais, devenu plus prudent, il ne se laissera plus entamer. En peu de temps, il acquit une telle influence dans le clergé, le Parlement, la noblesse et parmi le peuple, qu'il devint une puissance avec laquelle la cour et les partis furent obligés de compter.
On sait comment, lorsque la reine se fut réfugiée h Saint-Germain avec le jeune roi et lo cardinal (6 janvier 1649), il fit mine de partir pour aller les rejoindre et comment il fit arrêter son carrosse par des hommes de main apostés, afin de ne pas se rendre auprès de la cour et d'entretenir l'agitation dans Paris. Lorsque les Parisiens se mirent en état de défense pour soutenir le siège que préparait Condé, Retz échauffa le Parlement et contribua plus que personne à provoquer l'arrêt du 8 jan- * vier 1649, qui déclarait Mazarin perturbateur du repos public, ennemi du roi et de l'État, lui enjoignait de sortir du royaume, ordonnait de lui courir sus et que ses biens fussent confisqués. Ce fut par sou influence que le clergé de Paris prit part à la