‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 13 sur 218 · ENTREVUE DE RETZ ET DE MAZARIN. S · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE RETZ ET DE MAZARIN. S

gers qu*il courait, fit tout au monde pour le détourner de sa résolution. Il résista à ses supplications, ef^ résolu de s'abandonner, aux chances de sa destinée, il écrivit ce petit billet à la reine :

« Il n'y a jamais eu de moment dans ma vie, dans lequel je n'aie été également à Votre Majesté. Je serais trop heureux de mourir pour son service pour songer à ma sûreté. Je me rendrai où elle me commandera. »

Il enveloppa galamment le billet d'Anne d'Autriche dans le sien et les lui fit tenir par M™® de Chevreuse. Minuit sonnant, il se rendit au cloître Saint-Honoré et fut conduit par un escalier dérobé au petit oratoire où la reine était enfermée seule. Il était en habit de cavalier, « avec de grands canons, un bouquet de plumes, un manteau rouge et Tépée au côté ^ » . La reine lui témoigna ;< toutes les bontés que sa haine contre M. le prince lui put inspirer et que son attachement pour Mazarin lui put permettre» . C'est Retz qui le dit du moins. On connaît cette délicieuse scène, si merveillement contée par lui : « Je crois, dit-il, que la reine me répéta vingt fois ces paroles : « Le pauvre Monsieur le cardinal ! » en me parlant de la guerre civile et de l'amitié qu'il avait pour moi. Il entra une demi-heure après. Il supplia la reine de lui permettre qu'il manquât au respect qu'il

1 Guy Joly. — Voici ce que Lenet, de son cùté, dit dans sets Mémoires : <« Le coadjuteur de Paris allait les Duits, déguisé en homme d'épée et couvert de plumes, pour ôter toute connaissance de cette réconciliation dont le secret emportait, quant et soi, te crédit de ceux de sa faction parmi le peuple, que le dessein formé entre eux de perdre la prince de Condé rendait autant nécessaire ati cardinal qu*aux frondeurs eux-mêmes. »

Page 1