‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 130 sur 218 · INSIDIEUSES INSTRUCTIONS DE RETZ · texte numérisé non relu

INSIDIEUSES INSTRUCTIONS DE RETZ

arriver à celle de France, je serais obligé de me relever aux dépens du cardinalat, ce qui n'est pas difficile à un archevêque de mon humeur. » Le coadjuteur ne se contenta pas de donner à Tabbé ces insidieuses instructions. Il trouva moyen de faire insinuer habilement àBagni, nonce du pape en France, que, suivant le traitement qu'il recevrait de la cour de Rome, il se déclarerait pour ou contre les intérêts du saint-siége dans les États généraux, dont la convocation avait été fixée à Tours, mais qui n'eurent pas lieu. « M. le nonce, mandait-il à l'abbé, écrira par cet ordinaire sur les États généraux, et sur le mal ou le bien que je puis faire pour l'intérêt de Rome , et fera voir comme il est assez difficile que je me puisse résoudre, sans être cardinal, à me brouiller avec la chambre de l'Église ni même avec celle du tiers-état, les affaires de France et celles de ma fortune étant présentement à tel point qu'à moins que de vouloir déchoir, ce que je ne puis me conseiller à moi-même, il faut que je sois cardinal ou chef de parti, et vous pouvez croire que cette dernière qualité oblige ceux qui sont dans les États à ne se brouiller avec personne. Il faut traiter cela fort délicatement, parce que, si cela d'un côté peut faire peur à Rome, de l'autre il peut faire espérer «jue je soutiendrai toujours, si je n'étais pas cardinal, une faction dans le royaume qui peut-être ne déplairait pas à beaucoup de gens au pays où vous êtes. Vous y mettrez le tempérament nécessaire, je m'en remets bien à vous *. »

Toute question d'honnêteté mise à part, les moyens

* Lettre du 27 novembre 1651.

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