‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 135 sur 218 · CONDÉ A BORDEAUX · texte numérisé non relu

CONDÉ A BORDEAUX

faites en Saintouge et en Aunis^ et le comte de Marchin, trahissant la cause du roi, lui livrait les régiments qu'il avait débauchés dans son gouvernement de Catalogne. Enfin un secours espagnol, appelé par le prince, était entré dans Blaye. Il semblait qu'avec toutes ces ressources Gondé dût être en état de faire trembler la cour et que celle-ci fût à deux doigts de sa perte. Il n'en était rien. Le jeune roi et le comte d'Harcourt, nommé général en chef de l'armée royale, étaient entrés dans Bourges sans résistance, le 3 octobre, et à leur approche le prince de Gonti et M"' de Longueville s'étaient enfuis de Montrond pour aller rejoindre leur frère à Bordeaux. Pendant que la cour se dirigeait sur Poitiers, le comte d'Harcourt . marchait sur Cognac, dont M. le Prince faisait le siège, et, après avoir taillé en pièces un de ses régiments, l'avait forcé à le lever. De là, il s'était dirigé sur la Rochelle et s'en était emparé le 17 novembre. Enfin il avait forcé Condé, à Tonnay- Charente, à repasser la rivière, et pendant quelques semaines il l'avait tenu en échec. Le jour même de son arrivée à Bourges (8 octobre); la cour avait fait rédiger une déclaration contre les princes en pleine révolte; mais pendant plusieurs semaines le duc d'Orléans, qui entretenait une correspondance secrète avec eux, en avait suspendu l'enregistrement, en promettant sans cesse qu'ils étaient sur le point de s'accommoder avec le roi. Pour mettre fin à ces délais, qui compromettaient la dignité royale, le premier président Mole proposa, le 16 novembre, qu'il fût passé outre, etTafl^aire allait être mise aux voix lorsque le duc d'Orléans annonça une nouvelle sur-

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