RÉVÉLATIONS
prenante qui vint tout remettre en suspens : c était celle de la prochaine arrivée en France du cardinal Mazarin. N'était-il pas plus upgent et plus nécessaire, dit le duc, que le Parlement s'occupât des moyens de parer à ce danger que de condamner un prince qui avait pris, il est vrai, les armes contre le roi, mais qui ne cessait de refuser de traiter avec l'ennemi commun? Tel fut l'avis émis par le duc d'Orléans. C'était une révélation pour la cour. De deux choses l'une : ou le coadjuteur n avait eu aucune prise sur l'oncle du roi, ou il trahissait indignement Mazarin. La vérité est qu'il avait promis plus qu*il n'avait pu et voulu tenir, en donnant sa parole à plusieurs reprises, soit à la reine, soit à Mazario lui-même, par l'entremise de ses amis, qu'il tenterait les derniers efforts pour faciliter le retour de l'exilé. Il n'avait jamais été un seul instant de bonne foi, car il savait fort bien que c'eût été se perdre à tout jamais dans l'esprit du peuple que de prêter les mains à la rentrée aux affaires d'un ministre plus exécré et plus méprisé que jamais. L'essentiel pour lui, c'était de louvoyer, do gagner du temps pour que sa nomination ne fût pas révoquée, de payer lo cardinal de fausses promesses et de paroles dorées, et de détourner ses soupçons par le moyen de la princesse palatine. Il excella à ce jeu, et c'est une justice que Mazarin rendit plus tard à son habileté dans une lettre qu'il écrivait, le 4 mai 16Sâ, à Tabbé Fouquet, après la promotion de Retz, a Le coadjuteur, lui disait-il, a été deux mois entiers à nous amuser, faisant toujours dire qu'il enverrait une personne expresse à la cour et qu'il se déclarerai!