DÉSINTÉRESSEMENT SIMULÉ DE RETZ
supplia la reine de me commander de recevoir la nomination au cardinalat : « que La Rivière, ajoutât-il, a arrachée avec insolence, et qu'il a reconnue par une perfidie. »
a Je m'en excusai, continue Retz du ton d'un chrétien de la primitive Église, en disant que je m'étais promis k moi-même, par une espèce dé vœu, de n'être jamais cardinal par aucun moyen qui pût avoir le moindre rapport à la guerre civile, dans laquelle la seule nécessité m'ayant jeté , j'avais trop d'intérêts de faire connaître à la reine même qu'il n'y avait point d'autre motif qui m'eût séparé de son service. Je me défis, sur ce même fondement, de toutes les autres propositions qu'il me fit pour le payement de mes dettes, pour la charge de grand aumônier, pour Tabbaye d'Orkan (Ourscamps, dans l'Oise). £t comme il insista, soutenant toujours que la reine ne pouvait pas s'empêcher de faire quelque chose pour moi qui fût d'éclat, dans le service considérable que j'étais sur le point de lui rendre, je lui dis : « Il y a un point, Monsieur, sur lequel la reine me peut faire plus de bien que si elle me donnait la tiare. Elle me vient de dire qu'elle veut faire arrêter M. le prince : la prison ne peut ni ne doit être éternelle à un homme de son rang et de son mérite. Quand il en sortira, envenimé contre moi, ce me sera un malheur; mais j'ai quelque lieu d*espérer que je le pourrai soutenir par ma dignité. Il y a beaucoup de gens de qualité qui sont engagés avec moi et qui serviront la reine en cette occasion. S'il plaisait, Madame, à Votre Majesté, de confier à l'un d'eux quelque place de considération, je lui serais sans