ÉCHANGE QU*IL PROPOSE A SON NEYEU
dernière phrase que, s'il devenait archevêque de Paris, le pape aurait à craindre qu'il n^embrassât la cause des jc^nsénistes et des gallicans. Le passage de la lettre qui suit ne peut laisser aucun doute sur ce point : «L'on m'a donné quelque avis , mandait-il à l'abbé Charrier le 2 février (1652), que M. de Paris pourrait, si je voulais, prendre la nomination en échange de l'archevêché; j'y ai quelque pensée et pourtant je n'y suis pas tout à fait encore résolu. Vous pouvez, à mon sens, en faire courir secrètement le bruit, parce que je crois que cela peut avancer le temps de la promotion dans l'appréhension que peut avoir le pape qu'étant en cette dignité, mon ressentiment me porte à des choses qui lui seraient désavantageuses. Voyez ce qui se peut faire là-dessus. Je m'en rapporte tout à vous. » Il ne fut donné aucune suite à cette combinaison.
Les princes de Condé et de Conti avaient envoyé à Rome de leur côté, comme nous l'avons dit, le poète Mathieu de Montreuil, un de leurs serviteurs les plus intelligents et les plus dévoués, pour qu'il y mît obstacle à la promotion de Paul de Gondi. Les princes donnèrent des instructions dans le même sens à deux de leurs familiers, les pères Boucher et de Lingendes, de la compagnie de Jésus, qui se rendaient aussi à Rome pour l'élection du général de leur Ordre. Mathieu de Montreuil avait en même temps pour mission de solliciter le chapeau en faveur du prince de Conti, dont il était secrétaire. C'était un personnage fort original que ce Montreuil. Abbé à la façon de Marigny, sans être le moins du monde engagé dans les Ordres, il aimait les femmes à la folie et rimait en
37^ LE K*ÊTE MATHISr DB KONTRECII.
kar hoimear des petits vers jdiis que lestes qu*il sedi dans tous les recueils du temps , ce qui lui i ^es deux vers de Boileau :
^Iu x-f T .-i: pc«at mes tcts, à TenTÎ de Montreuil, i>r>:i»£::7> i=L;c2i«:aeat les feuilles d^m recaeil.
Bel esprit dans le genre de Voiture, dont il exa- ^ràît le jargon sentimental et quintessencié, Montr^tiil ae se relevait que dans ses épigrammes et ses cu.iri«.^'jj d'un ton parfois fort licencieux. « C^était, di: 1^ cariiiiai de Retz, on des plus jolis garçons que j'jiie ;.imiis connus. • A en juger par les éloges que ll:n:r>^uil <e donne dans ses lettres, il était surtout ioo'iire de la beauté de ses dents. Eh bien! chose elnn^e. ce petit abbé galant et musqué, qui passait sa vie au seîn des plaisirs et qui dévorait toujours d .ftxaiive les revenus d'un riche patrimoine et d*un irv^ >enrioe de Bretagne, ce petit abbé avait une Uecipe ce car.i«:tcre et une bravoure à toute épreuve. CVu:: un des honmies de main en qui le grand Co::ie jLxait le plus ironâance. «Montreuil ralliait par s^^;: 5c le et par son application tous les serviteurs de M. le l^-înoe qui étaient dans Fuis, dit le cardinal de Kf^ii. et il e:i tit un corps inWsible qui est assez souvf u:. en oe?^ sortes d aiTaires, plus à redouter que des bauùlvus... Il seront admirablement MM. lesprinceset svni avU\:;e. reliée par la conduite de M^'lapalatine... wu:>er^a toujours dans Paris on levain de parti qu'il u^esl jamais $a^e de souffrir... » Tel était Thomme ^ue Ws priucesa\^eut choisi pour briguer la pourpre eu ^\>^urdu priiioede ConU. sans nomination etrewmtuaudatiouiUirvn.ahnde ruiner les prétentions du