HETZ ACCUSÉ DE JANSÉNISME
nistre, il lui permit d'exprimer à Tabbé Charrier ses craintes à ce sujet et de lui faire entrevoir l'impossibilité d'une promotion si le coadjuteur ne se prononçait pas d'une manière nette et catégorique contre cette opinion, plusieurs fois condamnée par le saint-siége. L'abbé, surpris de cette complication imprévue, avertit sur-le-champ le coadjuteur, et celui-ci lui répondit sans paraître très-ému : « Pour ce qui est du jansénisme, je doute fort que ce soit là le fond de la pensée de la cour de Rome. Vous savez comme il faut parler sur ce sujet dans le public, mais, en particulier, vous pourrez témoigner que le moyen de m'engager dans cette affaire serait le refus que Ton me fait, et que ce m'est une occasion assez avantageuse pour témoigner mes ressentiments... » « Si l'on vous presse encore sur le jansénisme, disait-il à la fin de sa lettre, dites que vous croyez qu'il m'est si injurieux que l'on témoigne seulement le moindre doute sur mon sujet, que vous n'avez pas osé m'en écrire, do peur de m'aigrir trop l'esprit en me faisant voir que l'on joint au mépris que Ton a pour moi des doutes ridicules. )>
Le coadjuteur avait remis à l'abbé Charrier, avant son départ pour Rome, un certain nombre de blancsseings, afin qu'il pût les remplir en cas d'urgente nécessité. Pressé vivement par l'abbé d'écrire au pape une lettre de sa main aQn de se disculper du soupçon de jansénisme, le coadjuteur lui répondit d'un ton plaisant et dégagé : « Je n'écris pas par cette voie au pape, parce qu'il est trois heures du matin et que je n'écris tout à fait si vite en italien qu'en français, et que de plus vous êtes un rêveur