EXPOSÉ DE SITUATION
pour Monsieur devait, selon toutes les règles du monde, m'altirer un quart d'heure après la révocation de ma nomination au cardinalat. Pouvais-je rester en rupture avec M. le Prince dans le temps que Monsieur ferait la guerre au roi conjointement avec lui? Pouvais-je me raccommoder avec M. le Prince au moment que la reine me déciaraii qu'elle ne se résolvait à me laisser la nomination que sur la parole que je lui donnais que je ne me raccommoderais pas ? Le séjour du roi à Paris, ajoute Retz, qui nous fait toucher du doigt le nœud de la question, eût tenu la reine dans des égards qui eussent levé beau-coup de ces inconvénients et qui eussent adouci les autres. Nous contribuâmes à son éloignement^ au Heu de mettre les obstacles presque imperceptibles qui étaient dans nos mains ; il en arriva ce qui arrive toujours à ceux qui manquent à ces moments, qui sont capitaux et décisifs dans les affaires. Comme nous ne voyions plus de bon parti à prendre, nous primes tous à notre mode ce qui nous parut le moins mauvais dans chacun, ce qui produit toujours deux mauvais effets, dont Tun est que ce composé, pour ainsi dire, d'esprit et de vues, est toujours confus et brouillé ; Tautre, qu'il n'y a jamais que la pure fortune qui le démêle... »
Yoilà un admirable exposé des difficultés inextricables dans lesquelles Retz se trouvait enlacé. Gomme un joueur acharné à la poursuite de la fortune opiniâtrement contraire, et qui, jusqu'à la fin, espère rétablir son jeu, il ne cessa de compter sur le chapitre des accidents et de l'imprévu, tout en se rendant peut-être fort bien compte de Tétat déses-