‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 197 sur 218 · LE TIERS PARTI · texte numérisé non relu

LE TIERS PARTI

péré de ses affaires. Après avoir été si longtemps maître de Paris, après avoir tenu, pour ainsi dire, dans sa main le duc d'Orléans et le Parlement, fait emprisonner Condé et Tavoir ensuite contraint à fuir de Paris; après avoir fait exiler Mazarin et mettre sa tète à prix, il lui sembla trop dur d'être confondu dans la foule des courtisans et de devenir Thumble satellite de Fastre auquel il. avait fait subir une si longue éclipse. Plutôt que de se soumettre à une telle humiliation, il préféra continuer la lutte, dût-il, comme Catilina, périr les armes à la main. Ne pouvant donc se résigner à un accommodement avec Mazarin, non plus qu'avec M. le Prince, dont les hauteurs ne lui étaient pas moins insupportables, il ne vit d'autre ressource, pour prolonger les derniers moments de la Fronde expirante, que dans la formation d'un tiers parti. Ce parti, qui aurait eu pour chef le duc d'Orléans et pour premier ministre, cela va sans dire, le coadjuteur, aurait été composé, d'après le plan de Retz, << des parlements et des grandes villes du royaume » . Il aurait été « indépendant et même séparé, par profession publique, des étrangers et de M, le Prince même, sous prétexte de son union avec eux^ ». Le but essentiel du tiers parti devait être d'expulser Mazarin et de le tenir à tout jamais banni des affaires. Pour atteindre ce but, il fallait sans scrupule s'armer et faire la guerre, mais sans la moindre alliance avec les étrangers. En conséquence, il fallait sans retard lever des troupes et de l'argent. Suivant l'opinion de Retz, le

t Mémoires du cardinal de ReU.

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