‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 198 sur 218 · RKTZ REÇOIT LR BONNET DES MAINS DU ROI · texte numérisé non relu

RKTZ REÇOIT LR BONNET DES MAINS DU ROI

projet devait être appuyé avec chaleur par le Parlement, rhôtel de ville et le peuple de Paris. Pour que Monsieur fiit chef d'un grand parti, il lui suffisait de se prononcer. Malheureusement, Monsieur, sans cesse tremblant de peur, avait horreur de Taction. Le parti, toujours d'après Retz, aurait eu cet avantage d'être purgé à la fois de mazarinisme et de toute alliance espagnole, et son premier acte aurait été de se rallier à la cour. Si le plan se fût réalisé, Retz, revêtu de la pourpre, se voyait déjà premier ministre du gouvernement nouveau.

Il avait été promu cardinal au mois de février, et ce ne fut pourtant qu'au mois de septembre qu'il se décida enfin à se rendre à Compiëgne pour y recevoir son bonnet rouge des mains du roi. Il espérait y nouer quelques intrigues pour favoriser la rentrée du duc d'Orléans dans le Conseil. Il partit de Paris le 9, dans le plus magnifique appareil, avec une escorte de deux cents gentilshommes, une compagnie des gardes de Monsieur et vingt-huit carrosses à six chevaux, contenant les curés de Paris, les députés du chapitre et ceux des congrégations religieuses de Saint-Victor, de Sainte-Geneviève, de Saint-Germain des Prés et de Saint- Martin des Champs, sans compter les aut^es^ Le lendemain, il fut admis en présence du jeune roi, qui lui remit le bonnet de sa main. A partir de ce moment, Tambitieux prélat devenait l'un des deux premiers personnages du royaume après le roi, les cardinaux ayant le pas, à la cour de France, sur les premiers

1 Journal inédit de Dubuysson-Auhenay, 9 septembre 1652.

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