‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 199 sur 218 · INTRIGUES DE RETZ A COHPIÈGNE · texte numérisé non relu

INTRIGUES DE RETZ A COHPIÈGNE

princes du sang. Il prononça devant le jeune monarque une harangue dans laquelle il traçait un tableau lamentable des misères publiques, et l'exhortait à rentrer dans sa bonne ville de Paris, en imitant la clémence de son aïeul Henri lY. Le roi lui répondit en termes vagues, sans vouloir s'engager à rien, mais avec beaucoup de bienveillance pour les Parisiens. Le nouveau cardinal proBta de son séjour à Compiègne pour tâcher de se rendre nécessaire. Il vit la reine, il vit les secrétaires d'ttat Servien et Le Tellier, en Tabsence de Mazariu. Il leur jura que Monsieur romprait avec M. le Prince et mettrait bas les armes, si on lui donnait une place importante dans la direction des aifaircs. On devine aisément où tendait cette proposition dans la pensée de Retz. Il se flattait du même coup de diriger tout le Conseil par Fascendant qu'y prendrait ce prince ; mais Mazarin était trop défiant et trop clairvoyant pour n'avoir pas prévu à quoi tendaient les manœuvres du coadjuteur. Trois jours avant l'arrivée de celui-ci à Compiègne, il avait écrit à Nicolas Fouquet, procureur général au Parlement de Paris et l'un de ses agents les plus dévoués, une lettre qui prouve qu'il voulait dès lors en finir à tout prix avec le turbulent prélat.

« Je vous conjure, lui disait-il, de vous appliquer à rompre par toute sorte de voies les desseins du cardinal de Retz, et de croire comme un article de foi que, nonobstant toutes les belles choses qu'il fera, et les protestations de sa passion au service de la reine, et de vouloir me servir sincèrement, il n'a rien de bon dans Tàme, ni pour TÉtat, ni pour la

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