INSTRUCTIONS DE MAZARIN CONTRE RETZ
reine, ni pour moi. Il faut donc bien garder les dehors et empêcher qu'il ne s'introduise à la cour et ne puisse jouer le personnage de serviteur du roi bien intentionné, car il est incapable de Tétre jamais en effet. Vous n'aurez pas grand'peine avec la reine sur ce sujet, car elle le connaît trop bien pour s'y fier jamais ^.. »
De ce voyage, sur lequel il avait fondé de si grandes espérances, Retz ne rapporta donc que de vaines paroles. On n'avait tenu aucun compte de ses ouvertures. Ainsi tous ses beaux* projets s^en allèrent en fumée, et pendant quelques mois, suivant son expression, il fut obligé « de brousser à l'aveugle » . Pendant qu'il s'épuisait en vains efforts, une immense lassitude régnait dans Paris; la Fronde était usée et les Frondeurs tombés dans le dernier discrédit ; la bourgeoisie et le peuple n'aspiraient plus qu'au repos. Les criminels massacres de THAtel de Ville, ordonnés, selon toute apparence, par M. le Prince, qui voulait dominer Paris par la terreur, y avaient produit un effet tout contraire. Au premier moment de stupeur et d'épouvante avait succédé une indignation générale.
Les plus notables bourgeois de Paris se réunirent au Palais -Royal ; rompant la paille placée à leur chapeau, signe de ralliement de la Fronde, ils la remplacèrent par des morceaux de papier et demandèrent à grands cris que le roi rentrât dans sa bonne ville de Paris, malgré l'opposition du prince de Condé et du duc d'Orléans. « La paille est rompue,
< 6 8<»ptembre 1652.