ARRESTATION DE RETZ
lequel il lui conseillait de faire arrêter sou incorrigible ennemi. En même temps il la priait de jeter au feu son mémoire, afin de s'épargner l'odieux d'avoir, lui cardinal, fait porter la main sur un autre cardinal. Mais la reine ne crut pas devoir se rendre à c« dernier conseil de son favori ; le curieux mémoire, conservé par elle, fait aujourd'hui partie des manuscrits de la Bibliothèque nationale. A partir du signal donné par Mazarin, le jeune roi n'hésita plus; il donna Tordre à Pradelle, capitaine de ses gardes, — Tordre écrit et signé de sa main, — de s'emparer du cardinal de Retz, mort ou vif. Le prélat, dans un moment d'oubli, commit l'imprudence de quitter sa forteresse, où nul n'aurait songé, par un dernier reste de respect pour le caractère sacré et la dignité dont il était revêtu, à l'attaquer à main armée. Malgré les avertissements de ses amis, il se rendit seul au Louvre, le 19 décembre 1653, pour y saluer la reine mère et le jeune roi. On sait comment il y fat arrêté et conduit à Yincennes, sans que le peuple, dont il avait été si longtemps Tidole, tentât le moindre effort pour sa délivrance. Celui qu'il avait fait exiler deux fois le gardait maintenant dans un château fort, bien résolu, non-seulement à ne pas tenir la parole qu'il lui avait si dérisoirement donnée de partager avec lui le ministère, mais à prendre si bien ses mesures qu'il ne pût jamais être son successeur.
L'arrestation de Retz fut le dénouement de la Fronde.
Mazarin se réconcilia tôt ou tard avec tous ses ennemis, hors avec celui qu'il considérait comme le plus dangereux de tous. Une prison de près de deus