CONCLUSION
ans, huitannéesd'exil, une fin obscure, tel devaildonc être le résullat final de tant d'efforts, de courage, d'habiles manœuvres où Retz avait épuisé tout ce que peut inventer le génie de Tintrigue. L'unique fruit qu'il retira de cette longue lutte, qui avait duré plus de trois ans, ce fut la pourpre. Nous savons comment il l'obtint à force de ruse, de persévérance, d'audace et d'habileté. Il força la cour, malgré elle, à signer sa nomination ; il empêcha la reine et Mazarin de la révoquer, en servant indirectement leur cause par sa lutte ardente avec le grand Condé, en les tenant sans cesse en haleine par la peur de sa réconciliation avec ce prince, ce qui eût remis le feu aux quatre coins du royaume. Enfin il ne négligea rien pour hâter sa promotion, par Tenvoi de plusieurs courriers extraordinaires, afin d'imprimer au pape une terreur panique par la nouvelle du retour en France du cardinal-ministre ^ Ce résultat, il faut l'avouer, était bien mince pour un homme d'un si merveilleux esprit. S'il n'avait eu en vue qu'un chapeau, comme il le prétend, se fût-il donné tant de mal? Mais, quoi qu'il en ait dit, le chapeau n'était pour lui qu'un moyen, qu'un degré pour monter en-
* L'extrême habileté mise en œuvre par Retz pour conquérir le chapeau n*a point échappé à Victor Cousin : u Mazarin, dit-il, faisait écrire officiellement à Rome, par le secrétaire cTÉtat Brienne, pour le chapeau de Retz ; mais d'autres dépêches plus confidentielles avertissaient de ne se point presser, et si Retz a été nommé cardinal, il le doit par-dessus tout à lui-même, d'abord à ses heureuses manœuvres au Palais-Royal et auprès de la reine, ensuite à son admirable activité, à ses puissantes intrigues auprès du Saint-Siège et aux énormes dépenses qu'il sut faire pour séduire et entraîner la cour de Romci » (Af«« de Longueville pendant la Fronde.)