‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 26 sur 218 · AVEUX DE H*"* DE CHEYBEUSE · texte numérisé non relu

AVEUX DE H*"* DE CHEYBEUSE

vreuse, sa vieille amie, pour savoir s'il avait toujours dessein d'être cardinal, et Tastucieux vieillard lui avait fait répondre « qu'ayant soixante-dix ans, il ne songeait point à s*élever davantage » .

« Je me rendis de ce pas (chez M"* de Chevreuse), poursuit Le Tellier, et elle me dit d'abord qu'il y avait dix jours qu'elle était dans de grandes inquiétudes et ne dormait point d'appréhension des maux dont nous étions menacés; qu'elle avait eu plusieurs entretiens avec M. le coadjuteur, et que cela n'allait pas bien; que la substance de ce qu'il avait dit était qu'il reconnaissait bien qu'on rejetterait désormais sur M. le cardinal toutes les affaires du royaume, et qu'on l'attaquerait sur toutes les occurrences; que cela ne pourrait produire que beaucoup de désordre ; qu'il croyait être assez puissant pour aider à soutenir les affaires et service de Son Eminence, mais qu'il fallait pour cela qu'il se déclarât ; qu'en ce faisant, il perdrait son crédit, et que, quand il n'en aurait plus, il appréhendait que Son Éminence ne se vengeât de tout ce qu'il avait fait contre elle jusques alors; que, par les avis qu'il recevait de la cour, il apercevait que la reine s'était emportée contre lui sur ce qu'il avait porté Monsieur à faire l'avance pour la destitution de M. d'Ëpernon, qu'il en avait trois lettres dans sa poche, et qu'enfin, il savait que l'on n'avait que mauvaise satisfaction de lui de ce côté-là, et nulle estime ni confiance ; qu'ayant à prendre parti dans cette conjoncture, il se joindrait aux ennemis de Son Éminence; qu'en ce faisant, il conserverait son crédit, et se mettrait l'esprit en repos sur le mal qu'on lui pourrait faire... »

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