OFFRES DE MAZARIN AU COADJUTEUR
à lui, Le Tellier, pour offrir au factieux prélat « tout ce qu'il pourrait souhaiter, hors cela ». — « Tous les mécontentements qu'il témoigne sont imaginaires, disait Colbert; la reine n'a jamais témoigné aucune mauvaise satisfaction de lui; au contraire, Son Enunence a vécu avec lui dans une entière confiance. Depuis qu'elle lui a donné des assurances de son amitié et qu'il en a reçu de lui, M. le coadjuteur ne peut alléguer que Son Eminence y ait contrevenu , ni directement ni indirectement. S'il n'a pas reçu de grâces en son particulier, c'est pour n'en avoir pas demandé, et même pour avoir témoigné qu'il n'en désirait point. Quant à ce qui touche à ses amis. Son Eminence ne peut pas croire qu'il ait sujet de s'en plaindre. Enfin, sur cette prétention particulière d'être cardinal, il s'est déclaré tant de fois, et par sa bouche et par celle de ses amis, qu'il n'aurait jamais cette dignité . qu'on ne doit pas trouver étrange, avec raison, si non-seulement on n'a pas fait l'avance pour la lui procurer, mais même si, présentement, on ne croit pas lui devoir être accordée. Dans cette conjoncture, il est sans doute plus convenable et plus avantageux pour M**' de Chevrouse de se joindre à la reine, et se mettre entièrement dans les intérêts de Son Eminence, ou pour divertir ce dessein de l'esprit du coadjuteur, et, en ce cas, lui écrire toute autre chose, ou pour contribuer à empêcher les mauvaises suites de sa malice. Pour cet effet, il est nécessaire de couler le temps et qu'elle lui fasse connaître que celte affaire est de très-grande conséquence pour être traitée par lettres; qu'il faut attendre le retour de la reine; que sa con-