PROJETS D*ASSASS1NAT CONTRK RETZ
chiffrée qu'il adressait de Bordeaux à Le Tellier, le 7 octobre :
(c ... Ce serait de la dernière imprudence de croire pouvoir ramener l'esprit du coadjuteur, . . . toutes ses actions passées sont autant de preuves indubitables de ce qu'il peut faire à Tavenir ; . . . il faut perdre tout à fait cette pensée, et, comme il a amassé tous ses matériaux pour nuire, il faut s'étudier à en amasser aussi pour Tempêcher de causer la ruine de TEtat ; . . beaucoup de personnes se sont déclarées contre Son Éminence, mais lui, visiblement et manifestement ; s'il témoigne par ses actions qu'il est animé contre elle, ce n'est qu'un prétexte ; la véritable cause est la rage qu'il a contre l'État et contre la royauté, et, par conséquent, il faut s'appliquer à se précautionner par toutes sortes d'expédients, de quelque nature qu'ils puissent être, etc. »
Cette insinuation mystérieuse nous paraît cacher un sens terrible, surtout devant être mise sous les yeux de Châteauneuf, âme féroce et capable do se porter aux dernières extrémités. Nous verrons bientôt que ce fut ainsi, en effet, qu'elle fut interprétée par cet ennemi secret et ce rival du coadjuteur. En même temps, Mazarin, pour éviter une commotion dans Paris, fit promettre au coadjuteur, par Lionne, que le titre de plénipotentiaire pour la paix générale, qu'il lui avait refusé d'abord, il le lui enverrait. Mais il n'avait nullement l'intention de tenir cette promesse. II s'était décidé à céder ostensiblement sur ce point aux avis de M"° de Chevreuso et du garde des sceaux, et Lionne, qui voyait mieux que personne qu'il n'y avait pus de temps à perdre, lui écrivait de