LIONNE ET M"* DE CHEVRBUSE
se hâter : « Il est important qu'il plaise à Votre Ëminence de faire envoyer en diligence le pouvoir à M. le eoadjuteur, autrement il recommencera le sabbat ici*... »
Le 16 octobre, Lionne écrivait à Mazarin qu'il avait eu une conférence avec M"* de Chevreuse et que celle-ci lui avait semblé tout à fait dans les intérêts du coadjuteur. Il savait, disait-il, de source certaine, que la duchesse proposerait incessamment à Son Ëminence de le faire nommer cardinal, disant qu'à ce prix il prendrait l'engagement d'aller résidei: à Rome pendant deux années. « Ce n'est pas que M*"' de Chevreuse ne connaisse bien, ajoutait Lionne, que le coadjuteur est le plus méchant homme du monde, qu'il n'a point de religion et qu'il n'y a point de crime dont il ne soit capable ; . . . . mais, comme elle est fort incommodée de sa santé et qu'elle désire passer le reste de sa vie en paix et en repos, elle croit qu'il faut sacrifier au coadjuteur comme on fait aux démons pour en pouvoir jouir, et que si, avec les grâces qu'on lui départira, on s'assurait d'une année ou deux de repos, ce serait toujours beaucoup faire.»
Et il ajoutait cette phrase mystérieuse, qui semble indiquer ou un projet d'assassinat sur le coadjuteur ou tout au moins un projet d'arrestation, qui avait été conçu et proposé alors par Chàteauneuf : « AI. le garde des sceaux voudrait couper le mal à la racine, mais on croit avec raison qu'il n'est pas temps et que la modération et l'adresse peuvent produire avec patience, sans hasard, le même effet que feraient les
1 Lettre du 9 octobre 1650.