‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 36 sur 218 · RETZ APPUYÉ PAR LE DUC D*ORLÉANS · texte numérisé non relu

RETZ APPUYÉ PAR LE DUC D*ORLÉANS

résolutions les plus hasardeuses qu'on pourrait prendre à présent. »

Lionne disait en poursuivant que le duc d'Orléans avait eu une entrevue avec Chàteauneuf, qu'il lui avait témoigné tout son mécontentement contre Son Éminence et lui avait déclaré qu'il a'avait plus que deux alternatives, ou se lier avec les frondeurs, c'està-dire avec le duc de Beaufort et le coadjuteur, ou se raccommoder avec les princes ; que ce dernier parti lui était en horreur, et qu'ainsi il n'avait point à choisir. « Pour cela, dit le duc d'Orléans au garde des sceaux, il faut nommer M. le coadjuteur cardiqal; il est d'une naissance assez élevée pour mériter cette dignité ; si on ne la lui accorde pas dès à présent, il y parviendra infailliblement quelque jour. En avançant le temps, on l'obligerait sensiblement, et en revanche il rendrait à la reine des services considérables, eu égard au temps où nous sommes et à la disposition générale du royaume. »

Dans cette entrevue, le duc d'Orléans demanda à Chàteauneuf s'il estimait « que le coadjuteur fût bientôt cardinal, si on lui accordait la dépèche pour Sa Sainteté » . Le garde des sceaux lui répondit qu'il serait fait cardinal trois jours après que la dépêche serait arrivée à Rome.

Et Lionne, en terminant sa lettre, pose à Mazarin la question de savoir si, pour prévenir les instances que le duc d'Orléans se propose de faire en faveur du coadjuteur, il ne vaudrait pas mieux que la reine le prévînt en donnant 'de son chef la nomination. Dans une lettre adressée de Chàtellerault à Le Tellier par Mazarin, le ^4 octobre, lorsqu'il s'ache-

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