‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 38 sur 218 · VISITE SECRÈTE DE RETZ A LE TELUER · texte numérisé non relu

VISITE SECRÈTE DE RETZ A LE TELUER

léans, avait découvert que ce prince était devenu tout à fait favorable aux prétentions du coadjuteur au cardinalat, (raston était d'avis que la reine le nommât le plus t6t possible, afin de Tempécher de taire du mal, et lors même que la promotion dût être retardée. Le Tellier fit tous ses efforts pour que le prince ne prêtât pas son appui à cet homme dangereux, qui n'attendait, disait-il, que d'être revêtu de la pourpre, pour se créer une sorte d'inviolabilité et se porter aux derniers excès. Mais le duc parut de « fort mauvaise humeur » de ces remontrances, et Le Tellier ne put le détourner de sa résolution ^ Dans une autre lettre, adressée à Mazarin le 39 du même mois, Le Tellier lui apprenait que le prince avait été gagné, pour appuyer le coadjuteur, par M"* de Chevreuse, qui soutenait que ce prélat « était homme d'honneur dans le fond,... qu'il ne manquerait pas à sa parole,... et que l'on n'aurait pas h craindre qu'il ne l'observât religieusement * ».

Jusque-là le coadjuteur s'était contenté de faire insinuer ses prétentions à la pourpre, soit par M"*' de Chevreuse, soit par le duc d'Orléans, afin de se réserver le droit de nier, en cas d'insuccès, qu'il eût fait la moindre avance. Mais, le 28 octobre, dans la soirée, cq même homme, qui avait déclaré à Mazarin lui-même qu'il ne voulait point profiter des troubles pour obtenir le chapeau de cardinal, qu'il ne voulait le devoir qu'à l'accomplissement de ses fonctions épiscopales, ce même homme fit un pas décisif dans le

> Le Tellier à Mazarin^ Paris, 26 octobre 1650. * Le Tellier à Mazarin, Paris, 29 octobre 1650.

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