DEMANDE DU CHAPEAU
sens contraire. Il alla trouver en secret Le Tellier et s'ouvrit confidentiellement à lui. Nous empruntons ce curieux entretien à une lettre dans laquelle Le Tellier le raconte tout au long à Mazarin, à la troisième personne ^ : « Parmi les raisons qui m'obligèrent, dit le coadjuteur au confident de Mazarin, à ne point stipuler, lors de l'arrestation des princes, que je serais fait cardinal, la première c*est que je ne désirais pas qu'il parût dans le monde ^ue ma nomination à cette dignité fût comme la conséquence de cet événement. Je souhaitais alors ne l'obtenir qu'en rentrant dans mon devoir, en reprenant ma fonction d'archevêque, en prêchant dans les paroisses de Paris l'Avent, le carême, le plus souvent que je pourrais, les fêtes et les dimanches, afin, si je le pouvais, d'acquérir de la réputation et l'estime universelle. Mais ayant appris les plaintes que Son Éminence a faites contre moi durant le voyage de Bordeaux, et considérant que, pour demeurer dans ses intérêts et la servir, il faut que je hasarde de perdre et que je perde en un mot le crédit que j'ai dans le peuple, après quoi je tomberais à la discrétion de Son Éminence et serais exposé à la vengeance et au ressentiment de M. le prince s'il vient à obtenir sa liberté, j'ai jugé que, pour pouvoir servir Son Éminence et me mettre à couvert des mauvais traitements qu elle me pourrait faire lorsque j'aurai perdu mon crédit, et même de ceux que pourrait aussi me faire sentir M. le prince, la dignité de cardinal m'est nécessaire Je ne doute
1 Lettre du 30 octobre 1650.