DÉCLARATION CONTRE LES CARDINAUX
vait de prétexte « pour exécuter ce pas de ballet ».
Pendant ce temps, le duc d'Orléans, conseillé par le coadjuteur, mettait pour unique condition de sa rentrée à la cour que Ton retirât les sceaux à Mathieu Mole pour les confier à Séguier. Moyennant cette concession, qui lui fut accordée, il souffirit sans mot dire la présence de Ghavigny dans le ministère et le maintien des autres secrétaires d'État dont il avait demandé si impérieusement la révocation (18 avril). A quelques jours de là, pour donner pleine satisfaction au parti des princes et au parlement, la* reine envoyait à cette compagnie une déclaration en vertu de laquelle les étrangers, même naturalisés, ainsi que les cardinaux, étaient désormais exclus des conseils du roi. Le parlement se hftta de Tenregistrer. Cet acte frappait aussi bien le coadjuteur et Ghàteauneuf que Mazarin, et les tenait, non moins que lui, écartés des affaires, s*ils parvenaient à conquérir le chapeau. Le 'résultat final de cette révolution de palais était tout au profit de la reine et de Gondé. Tous les frondeurs, le coadjuteur en tète, avaient été honteusement joués.
A ce moment décisif, un peu d'habileté, de prudence et de modération eussent maintenu pour longtemps au pouvoir le vainqueur de Rocroy et de Lens. Il était entouré de tous les membres de sa famille, qui faisaient cause commune avec lui ; il avait pour lieutenants les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld ; Turenne, désertant le camp des Espagnols* venait de lui offrir son épée. Il s'appuyait de plus sur la popularité du duc de Beaufort, qui avaitaban-