‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 65 sur 218 · PLAN DE RETZ CONTRE MAZARIN ET GONDÉ · texte numérisé non relu

PLAN DE RETZ CONTRE MAZARIN ET GONDÉ

exilé et d'offrir à la reine l'appui du duc d'Orléans et des frondeurs contre M. le Prince.

Écarter également du pouvoir Mazarin et Condé, établir sur leurs ruines le duc d'Orléans, lieutenant général du royaume^ et diriger lui-même les affaires de l'État, en qualité de premier ministre, tel fut le plan que se proposa de suivre et que suivit jusqu'à la fm le coadjuteur.

Est-ce le coadjuteur qui fit les premières avances à la cour pour lui offrir ses services, ou bien est-ce la reine qui tenta la première de le gagner à sa cause? Nous n'hésitons point à adopter le récit de M"' de Motteville, lorsqu'elle nous assure que ce fut Bet2 qui « fit parler à la reine par tous ses amis et amies pour tâcher de se raccommoder avec elle », et à suspecter celui de Retz lorsqu'il nous affirme que ce fut la reine au contraire qui employa pour l'attirer à elle les offres les plus* séduisantes. « La reine en ce temps-là, nous apprend la véridique amie d'Anne d'Autriche, me dit un jour parlant du coadjuteur^ qu'il lui faisait parler par tout le monde, que M""' la duchesse d'Aiguillon la pressait de lui pardonner, et de se servir de lui pour se retirer de Tétat où elle était. Elle ajouta ces mêmes mots : qu'elle voyait bien qu'elle avait raison, que la politique le voulait ainsi, mais qu'elle avait une telle horreur de cet homme, qu'il lui était impossible de s'y résoudre. Je la pressai de feindre en cette occa* sion, de ne point écouter son ressentiment, quoique raisonnable, afin qu'elle pût être bientôt en état d'agir librement sur Tamitié et sur la haine. » Plus tard, Marie-Antoinette témoignait la même répui-

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