‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 66 sur 218 · HORRIBLE PROPOSITION DE RETZ · texte numérisé non relu

HORRIBLE PROPOSITION DE RETZ

sion pour Mirabeau et se révoltait à la seule pensée d'accorder une entrevue au monstre. Anne d'Autri-, che fut , comme Marie- Antoinette , obligée d'en venir là. a Quelque temps après, ajoute M""' de Motteville, témoin oculaire dont l'autorité est du plus grand poids, la reine fut presque forcée d'avoir commerce avec le coadjuteur, pour voir si elle pourrait, par le dérèglement de ses passions, trouver quelque remède à ses propres maux. Hugues de Lionne le vit par son ordre : je pense que ce fut cbez Montrésor. Les propositions furent cruelles du côté du coadjuteur contre la vie de M. le Prince. Elles furent telles, que la reine, qui était bonne et généreuse, ne les put aprouver, et l'aversion qu'elle en

témoigna ralentit ces sortes de conférences La

reine ne voulut point de repos en se défaisant d'un ennemi par des voies iniques. Une princesse chrétienne, qui avait de la modération et de la Vertu, n'était pas capable de sympathiser en rien avec des sentiments aussi emportés que Tétaient ceux du coadjuteur. La piété que son caractère lui devait inspirer, et les vertus morales dont il faisait profession, ne s'accordaient guère avec l'ambition, qui ne lui permettait de sentir que ce qui pouvait contribuer à la satisfaire. Son grand désintéressement et ses autres qualités, qui lui donnaient tant d'amis, leur pouvaient faire croire que, s'il désirait du bien, ce n'était que pour leur en faire part. »

L'accusation portée contre Retz par M"* de Motteville d'avoir offert à la reine de faire assassiner Condé, nous parait fondée sur la vérité même. Retz soutient au contraire, dans ses Mémoires, comme

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