‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 69 sur 218 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Admirable maxime de Retz. — Ses TÎsites noctarnes à la princesse palatine.— Exigences de Condé. — Refus de la reine de lui céder le gouvernement de la Guyenne. — Mazarin conseille à la reine de se rapprocher des Frondeurs et surtout du coadjuteur. — Il engage en même temps Lionne à faire arrêter le coadjuteur si celui-ci refuse de se rallier à sa cause. — Assemblées extraordinaires de

.. la noblesse et du clergé. — Vœux exprimés pour la convocation des Etats généraux. — Consentement de la reine à cette convocation & partir de la majorité du roi. — Défiance qu'inspire le coadjuteur & Mazarin. — Ne rien lui accorder d'avance est le fond de toutes les instructions du ministre ezilé. — Surveillance exercée sur les Frondeurs par ordre de Mazarin. — Sage conseil qu'il donne à la reine de s'enfuir de Paris avec le jeune roi pour réduire les Frondeurs & l'impuissance. — Retz fait garder les portes de Paris. — Lettre de Mazarin à Lionne : plan de conduite que doit suivre la reine. — Portrait du duc de Beaufort par Mazarin. — Refus du coadjuteur de donner publiquement son adhésion au retour du ministre banni. — Offres du coadjuteur à Mazarin de faire arrêter de nouveau le prince de Condé. — Conférences secrètes du coadjuteur avec la reine. — Conseil donné par Mazarin d'arrêter Condé au Palais-Royal. — Négociations secrètes de Condé avec les Espagnols ; son projet de se rendre maître de la personne du roi. — Le projet d'arrestation de Condé révélé par Lionne à un ami de ce prince. — Nouveau conseil donné par le coadjuteur d*exécuter ce projet. — Condé, averti, s'enfuit à Saint-Maur. — Ses plaintes portées au Parlement. — Condé demande le renvoi de Le Tellier, de Servien et de Lionne. — Déclaration de la reine. — Le coadjuteur demande l'éloignement de Le Tellier, de Servien et de Lionne, et la confirmation par la reine de sa déclaration contre Mazarin. — Renvoi des trois secrétaires d'Etat. — Nouvelles exigences de Condé. — Le coadjuteur et Chàteauneuf conseillers de la reine, sans portefeuille. — Conseil de Mazarin de n'accorder aucune grâce au coadjuteur qu*il n'ait exécuté ses promesses. —

t06 ADMIRABLE MAXIME DE RKTZ.

Son oifre au coadjuteur de lui faire obtenir le chapeau, à la nomination du roi de Pologne, à condition qu*il se rendra à Rome. — Profondes réflexions politiques de Maxarin. — Rets refuse Toffre du chapeau dont peut disposer le roi de Pologne.

Le lendemain de son entrevue avec la reine, le coadjuteur en conta le détail au duc d'Orléans, qui le blâma, s^ilfaut Ten croire, d'avoir refusé le ministère et Tappartement du Palais-Royal. « Il me gronda, dit Retz, en me disant que la reine était une femme d'habitude, dans l'esprit de laquelle je me serais peut-être insinué. » A ce propos, il laisse tomber de sa plume une maxime admirable de portée et de justesse, comme la plupart de celles que Ion trouve dans ses Mémoires : « L'on ne se doit jamais jouer avec la faveur : l'on ne la peut trop embrasser, quand elle est véritable; l'on ne s'en peut trop éloigner quand elle est fausse. » Il ne fut pas toujours aussi sage, comme nous le verrons bientôt.

Suivant les conseils de la reine, il se rendit la nuit chez la princesse palatine, et il n'en sortit « qnun moment avant la pointe du jour » . Il trouva la princesse fort ulcérée contre Condé pour avoir rompu le mariage de M"'' de Chevreuse avec sou frère le prince de Conti, qu'elle avait proposé la première, et pour n'avoir pas usé de son crédit aiin de faire obtenir la surintendance des finances au marquis de la Yieuville, dont la princesse avait le fils pour amant. Retz promit à Anne de Gonzague de faire tous ses efforts pour que ce manque de foi fût suivi d'une éclatante réparation, et la princesse lui

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