‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 70 sur 218 · VISITK NOCTURNE CHEZ LA PALATINE · texte numérisé non relu

VISITK NOCTURNE CHEZ LA PALATINE

jura, de son côté, de ne rien né{$liger pour lui faire obtenir la pourpre. « Nous nous tînmes fidèlement parole de part et d'autre, dit Retz, et je crois, dans la vérité, lui devoir le chapeau, parce qu'elle ménagea si adroitement le cardinal, qu'il ne put enfin s'empêcher, avec toutes les plus mauvaises intentions du monde, de le laisser tomber sur ma tête. Nous concertâmes, cette nuit-là et la suivante, tout ce qu'il y avait à régler touchant le voyage de Bartet (agent de Mazarin, qui devait se rendre auprès de lui, à Briilh). La palatine écrivit par lui une grande dépêche en chiffre au cardinal, qui est une des plus belles pièces qui se soit peut-être jamais faite ; elle lui parlait, entre autres, du refus que j'avais fait à la reine de la servir à Tégard de son retour en France, si délicatement, si habilement, qu'il me semblait à moi-même que ce fût la chose du monde qui lui fût la plus avantageuse. »

Ne nous laissons point éblouir par ces habiletés de langage et soyons bien certains, le caractère de Retz étant donné, que s'il était capable d'user des plus perfides manœuvres pour empêcher le retour du cardinal, il ne fut pas assez maladroit pour dire en face à la reine,. de qui seule dépendait sa nomination au cardinalat, qu*il ne voulait absolument rien faire pour faciliter le retour de son favori. Il est encore plus invraisemblable de supposer qu'il ait pu engager la palatine à faire une telle déclaration au cardinal au moment même où il espérait de lui le chapeau. Retz n'a parlé ainsi que pour sauver les apparences de la bonne foi et pour donner le change à ses lecteurs sur l'odieux de sa conduite.

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