‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 7 sur 218 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Exposé de Vaffaire du chapeau. ~ Secrète ambition du coadjuteur. — Sa correspondance chiffrée avec Tabbé Charrier. — Portrait de Mazarin. — Portrait de Condé. ~ Le coadjuteur suscite la première attaque du parlement contre Mazarin. — La reine offre 40,000 éctts au coadjuteur pour payer ses dettes. — Refus de Retz. — Piège que lui tend Mazarin. — Le coadjuteur demande le gou- ▼emement de Paris. — Refus de la cour. — Le coadjuteur passe le Rubicon. — Sa grande influence. — Il provoque Tarrét du parlement du 8 janvier 1649 contre Mazarin. — Siège de Paris par Tannée royale. — Le régiment de Corinthe. — La paix signée à Ruel malgré le coadjuteur. — Hau^urs et exigences de Condé. — Humiliation de Mazarin. — Conférences secrètes de Retz et de Condé. — Ils ne peuvent 8*entendre. — Coup de pistolet tiré sur la Toiture de Condé. ~ Il accuse le coadjuteur et le duc de Beaufort devant le parlement.— Journée du 22 décembre 1649. — Le coadjuteur et Beaufort absous par le parlement. — Arrestation de Condé résolue par la cour. — Entrevues secrètes du coadjuteur avec la reine et Mazarin» — Offres qui lui sont faites.— Son habile refus de recevoir des grAces personnelles de la cour en échange de son consentement à l'arrestation de Condé. — Demandes de Retz en faveur de ses amis. — Disgrâce de Tabbé de la Rivière, favori du duc d'Orléans.— Révocation par la cour de sa nomination au cardinalat. — Perfidie de Mazarin envers lui.

Parmi les mille intrigues si compliquées de la Fronde, Taffaire du chapeau du cardinal de Retz est une de celles qui offrent le plus vif et le plus dramatique intérêt. Dans Taction principale, elle forme une action à part, commedia in commedia, comme

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disent les Italiens. C'est un drame héroï-comique « souvent mêlé aux principaux événements, et qui même parfois en devient la cause essentielle. C^esi ainsi que, dans Tespoir d'obtenir de la reine sa nomination au chapeau, Retz, après avoir longtemps cabale et conspiré, se rapproche de la cour et, pour se créer des droits à la reconnaissance d'Anne d'Autriche, provoque l'arrestation du grand Condé. C'est pour se venger de ne pas avoir obtenu d'emblée le chapeau qu'il se fait le promoteur de la délivrance du prince et de l'expulsion de Mazarin hors du royaume. C'est pour le ressaisir et pour tirer une éclatante vengeance de Condé, infidèle après la prison à ses engagements envers les frondeurs, qu'il offre de nouveau son concours à la régente et que, cette fois, en échange de sa nomination au cardinalat, il dispute si bravement le pavé de Paris au vainqueur de Rocroy et de Lens.

Mais ce n'est pas tout pour le chef de la Fronde que d'avoir obtenu ce premier succès, il faut encore, pour qu'il le rende définitif, irrévocable, qu'il obtienne du pape sa promotion. Alors commence pour lui une nouvelle campagne, dont les difficultés sont d'autant plus grandes qu'il est obligé de lutter à la fois sur doux terrains fort différents : en France, pour que sa nomination ne soit pas révoquée par Mazarin ; à Rome, pour surmonter les obstacles de tout genre que lui suscitent ses ennemis et pour vaincre les scrupules, les hésitations et les lenteurs du pape. C'est l'histoire de cet intéressant épisode de la vie de Retz que je me propose d'étudier, à Taide de documents nouveaux et pleins d'étranges révélations

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