CORDÉ ET LES ESPAGNOLS
Cependant, peu de jours après avoir été mis en possession du gouvernement de Guyenne, M. le Prince avait réclamé avec hauteur i*accomplissement des autres clauses de son traité, en faveur de son frère et de La Rochefoucauld. Mais Anne d'Autriche, s'étant pénétrée des sages conseils de Mazarin, refusa de souscrire à ces nouvelles demandes, ce qui renouvela tous les ressentiments de M. le Prince. Il cessa de rendre visite à la reine et affecta de se montrer fréquemment au Luxem^bourg, chez le duc d'Orléans, et dans les rues avec une nombreuse suite. Au milieu de ces dispositions hostiles, il était fortement travaillé par M"* de Longueville pour entrer en négociation avec les Espagnols, qu'elle avait engagés en faveur des princes par un trajté, lors de leur prison. Mazarin, tenu au courant des dangers de la couronne, écrivait à la reine, à la date du 19 mai, une importante dépèche dans laquelle il l'engageait à se rapprocher des frondeurs, afin de contrebalancer l'influence du parti des princes. « Sachant, comme l'on sait, lui disait-il, la haine que M. le Prinfce a contre M. de Ghâteauneuf, M"' de Chevreuse et le coadjuteur, et particulièrement contre ces deux derniers, et eux contre- lui, on leur peut dire qu'il est nécessaire, dansla conjoncture présente, pour ne perdre pas TÉtat,... que tout le monde soit uni et agisse de concert pour ce qui me regarde, mais qu'ils doivent être assurés que la reine proportionne son affection et sa reconnaissance à la chaleur avec laquelle les uns et les autres serviront. Par ce moyen, on excitera le coadjuteur et M"* de Chevreuse H bien faire, à se remettre dans les bonnes grAoes de Sa