‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 72 sur 218 · CONDÉ ET LES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

CONDÉ ET LES ESPAGNOLS

Majesté, et il y a apparence qu'ils seront d'autant plus de cet avis qu'ils croiront que Fambitionet la conduite de M. le Prince désobligera Leurs Majestés, et ainsi ils seront vengés par lui-même du mal qu'ils prétendent en avoir reçu... Le coadjuteur demeurant k Paris et étant sans doute capable de faire du mal, il le faut ménager par des voies qu'on jugera les plus propres, aussi bien que les autres qui pourraient être contraires à ce qu'on projette, mais je proteste que je serai bien plus content, éloigné comme je suis, que si je retournais par quelque moyen qui, n'étant pas du service de Leurs Majestés, me pût être reproché et qui me causât de l'inquiétude et du regret toute ma vie... Il faut seulement de la chaleur et de Tap* plication, de quoi je suis certain que la princesse palatine ne manquera pas... » En attendant, Mazarin demandait à la reine pour l'adroite princesse une pension de vingt mille livres et, par anticipation, la surintendance de la maison de la future reine. En même temps, il lui conseillait de ménager le plus possible le prince de Condé et même de lui témoigner de la confiance ^ A quelques jours de là, il écrivait à Lionne qu'il serait utile d'user de moyens violents envers M"* de Chevreuse et le coadjuteur, si l'on ne parvenait pas à les rallier entièrement à ses intérêts. « Le plus grand bonheur, lui disait-il, qu'on pût avoir, serait que les soupçons que j'ai de M. le Prince n'eussent aucun fondement, qu'il voulût bien se lier avec la reine, la satisfaisant en ce qui me regarde, le pouvant avec beaucoup de

* Archives du ministère des affaires étrangères, France. Lettres de Mazarin, t. XXVIII. Mazarin à (Lionne). 29 mai 1651.

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