PLAN DE CONDUITE POUR LA COUR
tière , poursuivait-il , comme on a fait les autres années avec beaucoup d'utilité, le prétexte du sacre ne peut manquer, sans qu'on doive appréhender pour cela que personnîî y trouve à redire et qu'on fasse du bruit, puisqu'il parait que tous les peuples souhaitent de voir le roi sacré. Et d'autant plus ia reine ven^a de cabales dans le Parlement, rencontrera de difficultés à gagner Son Altesse Royale et les frondeurs, et verra M. le Prince procéder comme il fait, [d'autant plus] elle doit songer à sortir de Paris avec le roi par quelque moyen que ce puisse être, car assurément, ea l'état où elle est, elle doit tout craindre et pourrait se repentir hors de temps de ne l'avoir pas fait, avec beaucoup de déplaisir du préjudice qui serait arrivé au roi, à l'État et à sa personne. »
Et Mazarin donnait le conseil à la reine de quitter Paris le plus promptement possible, lors même qu'elle traiterait avec les frondeurs, car il ne doutait pas qu'ils ne voulussent la garder en ce cas auprès d'eux comme otage, afin de couvrir tous leurs actes et tous leurs projets de la sanction royale « Il ne faut pas moins sortir, ajoutait le ministre exilé, ni avec moins de diligence, si l'on conclut quelque chose avec Son Altesse Royale et les frondeurs, parce que je ne doute point que, quinxe jours après, il serait très-difficile à Leurs Majestés de le faire sous mille prétextes qu'ils trouveraient du bien et du service de Leurs Majestés ; et comme Son Altesse Royale est très-aise d'y demeurer, on n'aurait pas grand peine à lui faire approuver toutes les raisons qu'on lui dirait là-dessus. »