‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 82 sur 218 · LE COADJUTEUR CONSEILLER DE LA REINE · texte numérisé non relu

LE COADJUTEUR CONSEILLER DE LA REINE

son hôtel le 26 juillet, mais il n'eut garde d'aller au Palais-Royal. Il articula, en plein Parlement, une série de griefs contre la cour et ses adversaires. H signala les réunions secrètes où s'était agité le projet de son arrestation, et, en prononçant ces mots, ses regards se dirigèrent sur le coadjuteur. Avec une admirable présence d'esprit, le malin prélat demanda en souriant qu'un arrêt fût rendu pour ordonner* que l'on informât contre les coupables. Le Parlement fit droit à cette demande , rendit plusieurs arrêts contre les agents et domestiques de Mazarin. et M. le Prince fut sommé, de par un arrêt, de rendre visite au roi et à la reine. Il s'y laissa entraîner par le duc d'Orléans, mais cette entrevue, qui fut des plus froides, n'amena pas un rapprochement. Ce n'était pas tout pour Condé que d'avoir fait expulser les trois secrétaires d'État; il n'avait pas eu assez d'influence pour les faire remplacer par des créatures de son choix, et c'étaient ses plus ardents ennemis, le coadjuteur, Chàteauneuf et M"* de Chevreuse, qui, sans avoir un rôle officiel, donnaient seuls des conseils à la reine, conseils d'autant mieux écoutés qu'en ce moment Mazarin affectait d'être pour eux dans les meilleures dfspositions. Il écrivait de Brûlh à Ondedei, le 18 juillet :

« Il faut gagner le coadjuteur, Chftteauneuf et M"" de Chevreuse, qui disposent de l'esprit de Son Altesse Royale comme il leur plaît, qui désirent avec passion se venger do M. le Prince et qui ne peuvent l'espérer sans l'étroite union de Monsieur avec la reine... La reine doit se hâter de renvoyer Chavigni, de rétablir Chàteauneuf et de faire espérer

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