MAXIME DE MAZARIN
au coadjuteur un bon traitement... Mais il ne faut rien faire présentement pour lui, à moins d'avoir de lui de nombreuses garanties, comme il les a d'ailleurs offertes lui-même. Il serait bon que les entrevues entre vous, le coadjuteur et Chàteauneuf eussent lieu chez la princesse palatine, par le moyen de M"*' de Rhodes, qui s'est déjà occupée de cette affaire. Engagez, ajoutait Mazarin, le duc de Mercœur à entretenir de bonnes relations avec M"' de Chevreuse, la palatine et le coadjuteur en leur faisant connaître la part que je prends dans l'amitié que je veux nouer avec eux*. »
Le même jour, afin de prouver, du moins en apparence,sa bonne volonté au coadjuteur, il lui offrait sa nomination au cardinalat, mais d'une autre main que de celle de la reine.
Il commençait sa lettre, adressée à un de ses agents secrets, par ces réflexions qui prouvent à quel point il mettait la politique au-dessus de toutes ses passions personnelles et de ses ressentiments : « Rien ne doit être plus éloigné de V esprit des rois que la passion; il faut passer d'une extrémité à f autre sans milieu, quand l'intérêt de tÉtat le requiert ainsi. Les plus grands ennemis et ceux de gui on a été le plus offensé, s'ils sont capables de servir, doivent être bien traités, caressés et même recherchés ; c'est pourquoi on doit pratiquer cette maxime, car jamais elle n'a été plus nécessaire qu'à présent. Je vous prie de le dire et bien presser là-dessus . Les colères et aversions de la reine
• Mazarin à Ondedei, de BrQlb, 18 juillet 1651. Bibl. Mazarine, Lettrée italiennes de Mazarin.